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Charles III qualifie l’esclavage d’injustice monstrueuse et tend la main au Commonwealth

Le roi britannique a ouvert le sommet des dirigeants du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda en disant son horreur face à la traite transatlantique, qu’il…

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Charles III qualifie l'esclavage d'injustice monstrueuse et tend la main au Commonwealth

Le roi britannique a ouvert le sommet des dirigeants du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda en disant son horreur face à la traite transatlantique, qu’il érige en blessure toujours ouverte. Une partie des pays membres attend désormais des excuses officielles, quand Londres refuse pour l’instant toute compensation financière.

Devant les dirigeants réunis à St. John’s, Charles III n’a pas cherché à contourner le sujet. Le souverain britannique, qui préside aussi le Commonwealth, a parlé d’une « injustice monstrueuse » et confié que « ce chapitre honteux de l’histoire » remplissait son cœur d’horreur et son âme de la plus profonde tristesse. Il a dit vouloir travailler à corriger les erreurs du passé en agissant pour l’avenir.

Le roi reconnaît que la traite transatlantique projette encore son ombre sur ces îles et sur d’autres membres de l’organisation. Sa position tient en une formule simple. Nul ne peut réécrire les actes de ceux qui ont précédé, mais chacun peut en tirer des leçons. Il a aussi rappelé que le mal n’a pas forcément le dernier mot, citant le courage et la détermination qui ont fini par faire tomber le commerce international d’êtres humains, un combat auquel la Royal Navy a pris sa part.

Cette prise de parole s’inscrit dans une tournée de neuf jours à travers les Caraïbes. Le souverain est notamment passé par le Guyana, et il a évoqué à plusieurs reprises les grandes souffrances du passé dans ces territoires. Buckingham Palace a toutefois posé une limite claire. Un acte politique du Royaume-Uni ne peut venir que du gouvernement, le monarque étant tenu à une neutralité constitutionnelle.

C’est donc au Premier ministre Andy Burnham, présent au sommet, que revient le dossier le plus délicat. Le chef du gouvernement travailliste, en poste depuis juillet, veut ouvrir un « dialogue structuré » avec les pays du Commonwealth pour aboutir à des excuses officielles. Il doit défendre l’idée d’une nouvelle ère pour l’organisation, tout en restant ouvert aux discussions sur le passé. Un geste que plusieurs capitales attendent depuis longtemps, quatre siècles de traite ayant déplacé entre 10 et 15 millions de personnes d’Afrique vers les Amériques.

Sur l’argent, le ton change nettement. Dans une tribune, Andy Burnham a appelé à regarder le passé en face avant d’écarter l’idée de compensations, jugeant que les Britanniques d’aujourd’hui ne peuvent porter la responsabilité de torts commis à une autre époque, sous d’autres lois, et auxquels ils n’ont pas participé. La Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a apporté son soutien à cette démarche lors d’un entretien avec lui. Philip Pierre, chef du gouvernement de Sainte-Lucie et président du Caricom, salue de son côté un pas jamais franchi par aucun Premier ministre britannique, tout en prévenant que des excuses sans réparation resteraient incomplètes. Pour lui, la justice réparatrice ne parle pas de culpabilité individuelle mais de responsabilité des États, et celle-ci ne s’efface pas avec les générations.

Londres avance en parallèle des mesures plus concrètes. Le gouvernement travailliste propose de travailler à une restructuration de la dette des pays les plus pauvres du Commonwealth, fragilisés par la hausse des taux d’intérêt, et presse les créanciers privés comme les bailleurs hors G7 d’y contribuer. Le Royaume-Uni va aussi piloter deux groupes de travail, l’un sur le commerce intra-Commonwealth, l’autre sur la sécurisation des minerais critiques. Et 40 millions de livres, soit environ 48 millions d’euros, doivent être mobilisés pour des projets d’infrastructures dans les Caraïbes.

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