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À Atlanta, des bénévoles s’installent devant les bureaux de vote pour rassurer les électeurs

Avec une chaise pliante et beaucoup d’attention, des centaines d’observateurs suivent le scrutin de mi-mandat en Géorgie. Leur rôle consiste à repérer le…

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À Atlanta, des bénévoles s'installent devant les bureaux de vote pour rassurer les électeurs

Avec une chaise pliante et beaucoup d’attention, des centaines d’observateurs suivent le scrutin de mi-mandat en Géorgie. Leur rôle consiste à repérer le moindre accroc et à faire en sorte que personne ne reparte sans avoir glissé son bulletin.

Linda Jones a déplié sa chaise et s’est posée, sans bruit, devant la bibliothèque d’Atlanta qui sert de bureau de vote. À plus de 70 ans, cettehabitante du comté de Fulton, le plus peuplé de Géorgie, endosse pour la première fois le rôle d’observatrice électorale. Elle restera là toute la matinée, entourée de deux autres bénévoles, à scruter ce qui se trame autour de l’entrée.

Leur mission tient en peu de mots. Regarder, écouter, signaler. « Ils ont l’œil sur les files d’attente. Ils nous disent si le bureau de vote ouvre en retard ou ferme en avance. Ils nous rapportent tout problème rencontré par les électeurs dont ils sont témoins », raconte Rachel Glover, directrice associée du programme d’observation électorale à la section locale de l’ACLU, puissante organisation de défense des droits civiques. L’objectif se résume en une phrase. Que personne ne quitte les lieux sans avoir pu voter.

En Géorgie, l’ACLU mobilise ainsi quelque 500 observateurs, du vote anticipé jusqu’à la certification des résultats, avec une dizaine d’organisations partenaires. Les candidatures de volontaires ont plus que doublé par rapport à 2024, souligne Rachel Glover, qui compte parmi les nouvelles recrues des actifs prenant un jour de congé. Elle y voit la conséquence des tentatives de Donald Trump pour faire taire une partie des électeurs, notamment en compliquant le vote par correspondance. Pendant le vote anticipé, elle n’a toutefois pas eu vent de dysfonctionnement majeur ni d’opération redoutée de la police de l’immigration.

Ce climat pèse sur les esprits. Rosa Rivera-Ayala, infirmière retraitée engagée dans l’initiative Vote Safe, se poste près d’un autre bureau de vote, dans un comté à majorité afro-américaine où vit un grand nombre d’Américains naturalisés. « Nous voyons au quotidien des choses qui instillent de la peur dans le cœur des Américains », dit-elle. Selon elle, des personnes parfaitement en règle hésitent désormais à sortir de chez elles pour voter, de crainte d’être ciblées. La présence d’observateurs rassure celles et ceux qui se déplacent.

À Atlanta, le Centre Carter, fondé par l’ancien président démocrate Jimmy Carter, travaille depuis 2020 en Géorgie face à une confiance qui s’effrite. Ses équipes se penchent notamment sur la collecte et le décompte des résultats. Il s’agit d’observer ce processus administratif et de veiller à sa transparence pour que chacun puisse croire aux résultats, résume Jonathan Stonestreet, responsable de l’observation électorale. Parmi les bénévoles, il croise des citoyens attachés à leur démocratie et d’autres plus sceptiques, venus vérifier par eux-mêmes. Linda Jones en est persuadée. Plus nombreux seraient les observateurs, plus solides apparaîtraient les résultats aux yeux de tous.

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