Politique
Avant la mobilisation de jeudi, l’Intérieur appelle à un dispositif policier musclé
Les préfets ont reçu pour consigne de renforcer les effectifs et de multiplier les mesures administratives en amont de la journée d’action intersyndicale…

Les préfets ont reçu pour consigne de renforcer les effectifs et de multiplier les mesures administratives en amont de la journée d’action intersyndicale de jeudi. Le ministère veut éviter que la rue ne s’emballe comme le 17 octobre, entre pillages de commerces et attaques contre les forces de l’ordre.
À l’approche de la journée d’action intersyndicale du 5 novembre, Laurent Nuñez a pris sa plume. Dans un télégramme adressé aux préfets et aux responsables de la sécurité, le ministre de l’Intérieur leur demande d’anticiper dès maintenant la manière dont les forces de l’ordre seront déployées jeudi, une date qu’il qualifie lui-même de sensible.
Le souvenir des semaines passées pèse sur la consigne. Les 17, 24 et 31 octobre, des groupes nombreux et très mobiles ont attaqué des lieux de pouvoir, pillé des commerces et pris à partie les policiers dans de nombreuses villes du pays. La journée du 17 octobre reste la plus lourde, avec des dégradations, des violences et des pillages d’une intensité jamais atteinte jusque-là.
Pour éviter que le scénario ne se répète, les préfets sont invités à calquer leur organisation sur celle des 24 et 31 octobre. Il s’agit de bâtir des dispositifs opérationnels solides, capables de bouger vite et de s’adapter, avec des effectifs de police et de gendarmerie renforcés tout au long de cette journée si particulière.
Le ministre ouvre aussi la boîte à outils administrative. Les préfets peuvent prendre toutes les mesures utiles pour que les défilés se tiennent sans heurts. Cela passe par des interdictions de manifester en centre-ville, des arrêtés autorisant le recours aux drones, ou encore l’interdiction de porter des armes et des équipements de protection.
Dernier volet, le contrôle des flux avant même que les rassemblements ne se forment. Les gares et les grands axes de transport sont ciblés en priorité, pour limiter la circulation de profils à risques et repérer le matériel qui sert à commettre des violences. Cagoules, masques, feux d’artifice et mortiers figurent parmi les objets recherchés. Ces contrôles doivent aussi permettre d’identifier les personnes qui n’ont pas le droit de participer aux manifestations.
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