Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Nouvelle-Zélande, un pays appelé aux urnes sous la pression des prix

Les Néo-Zélandais votent samedi lors de législatives annoncées très serrées. La cherté de la vie écrase le débat, et aucun camp ne part favori.

Article

le

Nouvelle-Zélande, un pays appelé aux urnes sous la pression des prix

Les Néo-Zélandais votent samedi lors de législatives annoncées très serrées. La cherté de la vie écrase le débat, et aucun camp ne part favori.

Le rendez-vous est fixé à samedi. Les électeurs néo-zélandais renouvellent leur Parlement dans un climat dominé par le coût de la vie et les inquiétudes sur la situation économique du pays. Les enquêtes d’opinion dessinent une bataille serrée, sans vainqueur évident à l’arrivée.

Ni le Parti national, qui occupe le pouvoir, ni le Parti travailliste, installé dans l’opposition, ne semblent en mesure de décrocher seul une majorité absolue. La conséquence est simple. La désignation du prochain Premier ministre passera sans doute par une alliance, ce qui place les petites formations au centre du jeu. Leurs dirigeants deviennent des partenaires courtisés, capables de faire basculer un gouvernement.

Christopher Luxon, Premier ministre sortant, défend la continuité. L’ancien patron d’Air New Zealand, millionnaire assumé et conservateur, dirige le pays depuis 2023. Il répète qu’il n’y aura « pas de nouveaux impôts », dépeint ses adversaires comme une gauche imprévisible et promet de multiplier les accords de libre-échange. Il se décrit volontiers comme un « super vendeur » au service de son pays. Son bilan reste toutefois alourdi par les divisions de son propre camp et par l’inflation qui a entamé le pouvoir d’achat pendant son mandat.

Face à lui, Chris Hipkins veut reconquérir le pouvoir. Le travailliste a déjà occupé le poste de Premier ministre quelques mois en 2023, après le départ de Jacinda Ardern. Il cultive l’image de l’homme ordinaire, plaisante sur son absence de goût vestimentaire, son penchant pour les feuilletés à la saucisse et sa passion pour le bricolage. Sa formation promet de s’attaquer au coût de la vie avec des consultations médicales et des ordonnances gratuites, mais aussi un plafonnement du prix des transports publics.

Deux personnalités hautes en couleur compliquent l’équation. Winston Peters, chef de la diplomatie et patron du parti populiste New Zealand First, est l’une des figures les plus contestées du paysage politique. En juillet, l’ambassade de Chine à Wellington s’est plainte après un propos jugé raciste. Interpellé par un député écologiste né en Chine, il lui avait suggéré de « retourner dans son pays ». Le Premier ministre a qualifié la remarque de « très offensante » sans limoger son ministre. New Zealand First promet des coupes drastiques dans l’immigration et une sortie de l’Accord de Paris sur le climat. David Seymour, vice-Premier ministre et tête de file de l’ACT, gouverne avec Christopher Luxon depuis 2023 au sein d’une coalition parfois houleuse. Il s’est fait connaître en combattant les dispositifs qui renforcent le rôle de la minorité maorie dans la gouvernance, et en réclamant des coupes massives dans les dépenses publiques comme dans les impôts. Son parti libertarien aime provoquer la gauche et pèse environ 10 % des intentions de vote, ce qui en ferait un acteur incontournable de toute coalition de droite.

À environ 7 % des intentions de vote, Qiulae Wong pourrait bien devenir la faiseuse de rois du scrutin. Cette ancienne consultante de KPMG, âgée de 38 ans, mène le Parti des Opportunités, une formation centriste. Elle promet un revenu de base universel pouvant atteindre 370 dollars néo-zélandais par semaine, soit un peu moins de 186 euros, financé par un impôt foncier. Elle y ajoute des mesures ambitieuses pour le climat et une remise à flot du système de santé, aujourd’hui en difficulté. De l’autre côté de l’échiquier, les Verts, troisième force politique du pays, avancent avec Chloe Swarbrick et l’ancienne ministre Marama Davidson. Inspirées par le maire de New York Zohran Mamdani, elles défendent un projet de chaîne de supermarchés gérée par des fonds publics, un impôt sur la fortune et des milliards supplémentaires pour la santé. Leur soutien sera déterminant si Chris Hipkins veut redevenir Premier ministre.

Reste la question qui traverse toute la campagne. Le coût de la vie s’impose comme la préoccupation numéro un des électeurs. Ils sont 64 % à citer l’inflation et la hausse des prix comme leur principale inquiétude, devant l’état du système de santé et le prix de l’essence. La santé de l’économie et la montée du chômage complètent ce palmarès des angoisses.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus