Europe
Danemark, la jeunesse manifeste pour sauver son allocation d’études
Des milliers de lycéens et d’étudiants danois sont appelés à manifester contre un projet de budget qui raboterait les bourses versées aux jeunes vivant…

Des milliers de lycéens et d’étudiants danois sont appelés à manifester contre un projet de budget qui raboterait les bourses versées aux jeunes vivant chez leurs parents. Leur slogan, ça suffit maintenant, résume la détermination.
Onze organisations lycéennes et étudiantes ont sonné le rassemblement. Le départ est fixé place de l’Hôtel de ville de Copenhague, direction le Parlement. La fédération des lycéens danois table sur une dizaine de milliers de participants dans la capitale, et des rassemblements sont annoncés ailleurs dans le pays. La police de Copenhague prévient qu’elle sera très visible, tandis que les organisateurs martèlent le caractère pacifique de la mobilisation.
Derrière la contestation, un arbitrage budgétaire. Le gouvernement de centre-gauche veut supprimer l’allocation publique d’études, la SU, pour les étudiants qui habitent chez leurs parents lorsque le revenu annuel de ceux-ci dépasse 94 000 euros. Entre 55 500 et 94 000 euros, le montant serait calculé de façon progressive. Objectif affiché, soutenir l’effort de défense. Le ministère de l’Enseignement supérieur chiffre les conséquences à environ 14 000 étudiants qui perdraient leur allocation, et 8 000 qui la verraient réduite.
L’enjeu dépasse largement la question du pouvoir d’achat. Créée en 1970, la SU est l’un des piliers du modèle universitaire danois, pensé pour qu’un jeune puisse étudier sans dépendre du portefeuille de ses parents. Imposable, elle s’élève à environ 152 euros quand l’étudiant réside chez ses parents, contre 980 euros lorsqu’il a son propre logement. Le projet de loi de finances s’attaque aussi aux nouveaux diplômés, avec des indemnités chômage réservées à ceux qui ont travaillé pendant 18 des 24 derniers mois de leurs études.
Chez les manifestants, la coupe passe mal. Oscar Tønsberg Hoffmann, président de la fédération des lycéens, y voit une hostilité envers l’éducation et s’étonne qu’on choisisse de prendre l’argent dans la poche de jeunes qui étudient. Il rappelle que les cours ne sont pas suspendus pour s’amuser, mais pour montrer aux responsables politiques le sérieux de la mobilisation. Quelque 30 000 lycéens de 40 établissements ont annoncé une grève pour la journée. Le dialogue réclamé par les organisations n’a jamais abouti, et leur président parle sans détour d’un mépris envers les générations futures.
Le débat bouscule aussi la majorité. Deux formations qui la composent, le parti socialiste populaire et le parti radical, s’étaient jusque-là opposées à toute coupe dans l’éducation. Elles défendent pourtant le texte. La ministre de l’Économie et de l’Intérieur et cheffe du SF, Pia Olsen Dyhr, reconnaît que l’initiative ne vient pas de chez elle, tout en assumant les compromis conclus au sein du gouvernement. Le ministre de l’Industrie et chef des radicaux, Martin Lidegaard, parle d’une décision désagréable mais économiquement responsable.
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