Économie
Leonardo Maria Del Vecchio veut racheter Delfin avec un appui bancaire de 22 milliards
L’un des héritiers du fondateur d’EssilorLuxottica propose de reprendre les parts de ses coactionnaires dans Delfin, la holding familiale qui est le…

L’un des héritiers du fondateur d’EssilorLuxottica propose de reprendre les parts de ses coactionnaires dans Delfin, la holding familiale qui est le premier actionnaire du géant des lunettes. Il affirme avoir sécurisé un financement pouvant atteindre 22 milliards d’euros et fixe une échéance au 7 novembre pour détailler son plan.
Leonardo Maria Del Vecchio, l’un des héritiers du fondateur disparu d’EssilorLuxottica, passe à l’offensive. Dans une lettre, il propose aux autres actionnaires de Delfin de leur racheter leurs participations. La holding, basée au Luxembourg, est le principal investisseur du fabricant de lunettes et détient aussi des participations dans Generali, Monte dei Paschi et UniCredit. Son objectif est de mettre la main sur cinq ou six participations au sein de Delfin. Il présente l’opération comme un moyen de préserver l’héritage bâti par son père. Pour la financer, il dit avoir obtenu le soutien d’une grande banque internationale, avec un financement pouvant aller jusqu’à 22 milliards d’euros. Le nom de l’établissement n’est pas précisé.
Delfin est répartie à parts égales entre les héritiers. Les désaccords entre eux ont donné plus de latitude au conseil d’administration pour trancher les décisions. La holding pèse lourd. Elle possède 32,4% d’EssilorLuxottica, le fabricant des Ray-Ban, 10% de l’assureur italien Generali, 17,5% de la banque Monte dei Paschi et une part minoritaire dans UniCredit. La valeur boursière cumulée de ces positions atteint environ 43 milliards d’euros. Derrière les chiffres, l’enjeu est simple. Il s’agit de savoir qui contrôlera ce portefeuille et à quel prix les branches familiales accepteront de céder leurs parts.
La proposition de Leonardo Maria Del Vecchio arrive après une offre de 30 milliards d’euros formulée par l’homme d’affaires tchèque Michal Strnad pour racheter Delfin. Elle rappelle aussi une tentative précédente. L’héritier avait échoué à acquérir les participations de deux autres actionnaires de Delfin, dans une opération d’environ 10 milliards d’euros. Les banques qui soutenaient le dossier n’avaient pas obtenu les garanties nécessaires pour accorder le financement. Cette fois, il évoque deux voies. Un rachat total et immédiat des participations, ou des formules plus progressives étalées dans le temps.
À ce stade, la proposition adressée aux autres actionnaires de Delfin ne contient aucun détail financier. Tout reste donc à négocier. Leonardo Maria Del Vecchio promet de présenter son plan d’ici le 7 novembre. La balle est dans le camp des coactionnaires. Leur choix déterminera si la holding reste aux mains de la famille ou si elle s’ouvre à un nouvel acteur. Pour EssilorLuxottica, dont Delfin est le premier actionnaire, l’équilibre de pouvoir à la tête de la holding compte autant que la valorisation de ses titres.
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