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Au Bangladesh, les ouvriers du textile ne lâchent rien sur les salaires
Au Bangladesh, la colère des ouvriers du textile ne retombe pas. Ils réclament un salaire minimum doublé, affrontent la police dans plusieurs quartiers et…

Au Bangladesh, la colère des ouvriers du textile ne retombe pas. Ils réclament un salaire minimum doublé, affrontent la police dans plusieurs quartiers et rappellent que leur secteur fait vivre l’économie du pays.
La tension reste vive autour des usines de vêtements bangladaises. Des ouvriers ont bloqué la route reliant Dacca à Tangail et incendié plusieurs véhicules. D’autres manifestants sont descendus dans le district de Mirpur, au nord de la capitale, avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes. Des affrontements ont aussi éclaté à Narsinghpur et Ashulia, où se trouvent de grandes usines. Des ouvriers racontent que la police a lancé des grenades lacrymogènes dans des quartiers habités par les travailleurs.
Le mouvement part d’une revendication simple. Les employés du textile veulent voir leur salaire minimum doubler. Leur paie moyenne tourne autour de 13 000 takas par mois, soit environ 94 euros, et ils demandent un peu plus de 30 000 takas. Ils invoquent la flambée des prix, une inflation annuelle supérieure à 8%, et la crise de l’énergie qui renchérit le quotidien. Kamona, une ouvrière de 24 ans, raconte que les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes dans les quartiers où elle vit avec ses enfants. Mamun, 28 ans, demande pourquoi l’État a augmenté la paie de ses agents et pas celle des travailleurs du textile. Il pointe aussi le coût de l’alimentation, du gaz et de l’électricité.
Face à la contestation, le pouvoir a annoncé la création d’un comité pour renégocier les salaires. Les grévistes ont jugé la réponse trop faible et sont revenus dans la rue. Le ministre de l’Intérieur, Salahuddin Ahmed, a prévenu que les autorités réprimeraient sans ménagement ceux qu’elles accusent d’activités illégales et de complots cachés derrière le mouvement social. Il vise des factions liées à l’ancien régime autocratique, en référence à la Ligue Awami de Sheikh Hasina, désormais interdite après son départ forcé et des émeutes. Le gouvernement est conduit par le BNP de Tarique Rahman, vainqueur des dernières législatives.
La répression n’a pas mis fin à la mobilisation. Des interpellations en nombre indéterminé ont eu lieu. Les ouvriers restent convaincus de peser sur l’économie. Sharmin, 24 ans, rappelle que ce sont eux qui font tourner le pays et demande que leur voix soit entendue. Le textile constitue le pilier de l’économie bangladaise, deuxième exportateur mondial de vêtements. Le secteur emploie des millions de personnes et fournit l’essentiel des devises du pays.
Les industriels du vêtement s’inquiètent des suites. Les représentants des producteurs ont averti qu’une agitation durable pourrait perturber la production, retarder les exportations et fragiliser les engagements du Bangladesh auprès des acheteurs étrangers. Les milliers d’usines du pays fabriquent des T-shirts, des jeans et des pulls pour de grandes enseignes en Europe et aux États-Unis. Un responsable du Centre bangladais de solidarité avec les travailleurs, Akter, résume la demande des grévistes par un chiffre, un peu plus de 30 000 takas par mois.
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