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Marine Le Pen soigne son image et laisse ses alliés porter les coups

La candidate veut apparaître comme un rempart de la République, avec un discours apaisé et optimiste. Jordan Bardella et Éric Ciotti se chargent, eux, des…

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Marine Le Pen soigne son image et laisse ses alliés porter les coups

La candidate veut apparaître comme un rempart de la République, avec un discours apaisé et optimiste. Jordan Bardella et Éric Ciotti se chargent, eux, des attaques et des mesures les plus dures.

Le Rassemblement national s’apprête à diffuser une affiche dans tout le pays et à en imprimer des millions d’exemplaires sous forme de tracts. On y voit Marine Le Pen de trois quarts, le regard tourné vers le haut, avec un slogan inscrit en travers du buste, « avec Marine, défendons la République ». Le message est simple. Entre le laxisme prêté au pouvoir macroniste, décrit comme en voie d’effondrement, et le désordre attribué à l’extrême gauche et aux « racailles », seule l’union des nationaux pourrait, à l’entendre, protéger les institutions. Autrement dit, la République, c’est elle.

Cette campagne mise sur une image de calme et de hauteur. Marine Le Pen reprend le mot renaissance pour en faire le fil rouge de son discours, avec un logo représentant un soleil levant sur une ligne bleu-blanc-rouge. Une lumière à l’horizon qui pourrait aussi brouiller l’image de son rival Édouard Philippe. La cheffe de file de l’extrême droite dit vouloir insuffler de l’optimisme à un pays en crise. Elle parle d’élévation vers le beau, le vrai, le juste, et s’attarde moins sur la face sombre de l’actualité. Déjà en tête des sondages, elle prétend planer au-dessus des clivages partisans. À Orléans, pour son premier meeting, elle a cité un proverbe indien selon lequel elle n’est ni l’aile droite ni l’aile gauche, mais l’oiseau.

Pendant qu’elle expose ses propositions, ses lieutenants attaquent. Promis à Matignon en cas de victoire, Jordan Bardella durcit le ton contre « la faillite sécuritaire de l’État » face aux « casseurs d’ultragauche » et aux « pilleurs de banlieue ». Il promet que celui qui touche à un policier dormira en prison, veut suspendre les allocations aux familles de mineurs récidivistes, imposer le vouvoiement et l’uniforme à l’école. Il revient aussi sur l’attentat de Trappes et souhaite que son auteur entre en prison sans pouvoir en ressortir un jour. Éric Ciotti décrit un pays fracturé, divisé, déclassé, et fait huer la « coalition de la honte », des Insoumis aux Républicains, jugée responsable d’un « abîme national ».

Pour l’entourage de Marine Le Pen, cette répartition n’a rien de contradictoire. Elle correspondrait aux institutions, avec d’un côté la candidate dans « la grande vision de sa présidence » et de l’autre Jordan Bardella et Éric Ciotti dans « la gestion du quotidien ». Le futur Premier ministre potentiel est présenté comme celui qui met « les mains dans le cambouis ». Il va parfois plus loin que sa cheffe, en promettant de faire respecter l’interdiction du téléphone portable jusqu’au lycée pour protéger une jeunesse « prise en otage par les écrans ». Marine Le Pen, elle, vante les réseaux sociaux, qu’elle compare à l’imprimerie de la Renaissance, capable selon elle de libérer la parole et le savoir. Aujourd’hui, il s’agit surtout de contourner « le prêt-à-penser de gauche », et elle prévient que cette « vague de renouveau » ne sera pas laissée passer.

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