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Il visait « des personnes de type musulman, africain ou nord-africain » et ne regrette rien

Kévin T., 39 ans, a reconnu devant les enquêteurs avoir choisi ses cibles en fonction de leur apparence et de leur religion supposée. Le parquet…

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Il visait « des personnes de type musulman, africain ou nord-africain » et ne regrette rien

Kévin T., 39 ans, a reconnu devant les enquêteurs avoir choisi ses cibles en fonction de leur apparence et de leur religion supposée. Le parquet antiterroriste réclame son placement en détention provisoire avant sa présentation à un juge.

Kévin T. n’a pas nié le choix de ses cibles. Cet homme de 39 ans a reconnu avoir « spécifiquement ciblé des personnes de type musulman, africain ou nord-africain » lors de l’attaque survenue vendredi dernier dans les Yvelines. Il a même expliqué pourquoi il avait frappé à cet endroit, en affirmant que « Trappes est un repère d’islamistes ». Le bilan est lourd, un mort et sept blessés, dont quatre grièvement touchés. Trois victimes étaient encore hospitalisées au moment où le procureur national antiterroriste Olivier Christen s’est exprimé, et la vie de l’une d’elles restait en danger.

La garde à vue du suspect s’est achevée dans la nuit de mercredi à jeudi. Le parquet national antiterroriste a ouvert une information judiciaire, ce qui permet à un juge d’instruction de reprendre le dossier. Les qualifications retenues sont lourdes, assassinats et tentatives d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste, aggravés par le fait que les victimes ont été visées à cause de leur appartenance réelle ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion. Kévin T. doit être présenté à un magistrat dans la journée et le parquet a demandé son placement en détention provisoire.

L’homme conteste en revanche la dimension terroriste de son geste. Il estime avoir agi de façon légitime, rapporte Olivier Christen, qui souligne à l’inverse la « très grande préparation » de l’attaque. Sur les victimes les plus jeunes, il a nié avoir voulu tuer des enfants, avançant qu’il avait pu se tromper en raison de la taille d’une victime âgée de 11 ans. Une nuance qu’il n’a jamais étendue à ses regrets, puisqu’il a déclaré n’en éprouver aucun.

Les perquisitions à son domicile ont livré un tableau pour le moins hétéroclite. Les enquêteurs ont retrouvé des armes ou des éléments d’armes, parmi lesquels un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux, ainsi qu’un dispositif de piégeage déjà évoqué. Il y avait aussi des livres, un Coran, une Bible et « Mein Kampf » d’Adolf Hitler. Dans un tiroir, des autocollants, dont certains portaient les mots « Vive la France, RN, fiers d’être français », d’autres « 100% français/vive la France » ou encore « Soutien aux forces de l’ordre ». Kévin T. a reconnu les avoir dessinés lui-même et en avoir commandé la fabrication sur Amazon plus d’un an auparavant.

Son parcours passé a également été passé au crible. Interrogé sur des photographies issues du site France Palestine datées du 21 février 2018, ou sur des réunions « Stop Pub » où il apparaissait, il s’est reconnu et a raconté qu’à un moment de sa vie il avait « infiltré les gauchistes ». Une phrase qui résume la trajectoire d’un homme dont le profil continue d’interroger les enquêteurs.

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