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Eli Lilly relève ses prévisions et creuse l’écart dans la course aux traitements minceur

Le laboratoire américain vise désormais 91 à 92 milliards de dollars de revenus annuels, porté par l’engouement pour ses injections contre l’obésité et le…

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Eli Lilly relève ses prévisions et creuse l'écart dans la course aux traitements minceur

Le laboratoire américain vise désormais 91 à 92 milliards de dollars de revenus annuels, porté par l’engouement pour ses injections contre l’obésité et le diabète. Une dynamique qui lui permet de prendre ses distances avec son rival danois Novo Nordisk.

Eli Lilly a revu ses ambitions à la hausse. Le groupe pharmaceutique basé à Indianapolis table maintenant sur un chiffre d’affaires annuel compris entre 91 et 92 milliards de dollars, soit entre 81,83 et 82,73 milliards d’euros. Il espérait encore entre 85 et 87 milliards quelques semaines plus tôt. Cette révision représente environ 5,5 milliards de dollars supplémentaires, un montant qui dépasse largement ce que le marché anticipait. Sa capitalisation boursière culmine à 1 200 milliards de dollars, un niveau qui le place nettement devant Novo Nordisk sur le créneau très disputé des traitements GLP-1.

Les chiffres du troisième trimestre expliquent cette confiance. Le chiffre d’affaires a atteint 24,4 milliards de dollars, là où les analystes attendaient 22,61 milliards. Le bénéfice ajusté s’établit à 7,48 dollars par action, contre 6,26 dollars pronostiqués. Mounjaro, le traitement contre le diabète, a rapporté 10,72 milliards de dollars sur la période, au-dessus des 10,16 milliards espérés. Zepbound, l’injectable contre l’obésité, grimpe à 5,35 milliards au lieu des 5,09 milliards attendus. De quoi rassurer les investisseurs, inquiets de voir la chute des prix l’emporter sur la hausse des volumes. L’action prenait 4,5 % à 1 346 dollars avant l’ouverture des marchés.

Tout n’est pas rose pour autant. Le laboratoire a abaissé sa prévision de bénéfice ajusté, ramenée à une fourchette de 35,00 à 36,00 dollars par action, contre 35,50 à 36,50 dollars auparavant. Les prix ont reculé de 15 % sur le trimestre, ce qui a partiellement absorbé une progression des volumes de 53 %. La baisse atteint 7 % aux États-Unis et 29 % à l’international, notamment à cause du remboursement de Mounjaro en Chine. Le tarif de 50 dollars appliqué aux bénéficiaires de Medicare pèse aussi sur les marges. Un analyste de RBC résume l’état d’esprit du marché en évoquant des positions haussières nombreuses, mais une certaine nervosité autour de la dynamique des prix. La révision à la hausse des prévisions de revenus devrait, selon lui, calmer les inquiétudes pour un temps.

Reste le dossier Foundayo, la pilule amaigrissante du groupe. Elle n’a généré que 184 millions de dollars de ventes, en dessous des 216,86 millions attendus. Les investisseurs suivent son lancement de très près. Ils y voient un test grandeur nature pour savoir si Lilly peut rattraper l’avantage pris par Novo avec son Wegovy en version orale. Les premières prescriptions américaines de Foundayo sont effectivement inférieures à celles de son concurrent danois. Mais le comprimé a été lancé aux États-Unis et au Royaume-Uni en début d’année et pourrait arriver dans d’autres pays européens d’ici la fin de l’année, ce qui en ferait un moteur de croissance à part entière.

Les regards se tournent déjà vers la suite. Le retatrutide, candidat de nouvelle génération pour la perte de poids, a permis une diminution moyenne de 24 % lors d’essais cliniques de phase intermédiaire. Un résultat supérieur à celui des médicaments déjà sur le marché. Son dossier réglementaire devrait être déposé l’an prochain. C’est là que se jouera peut-être la prochaine étape de la bataille entre les deux laboratoires.

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