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À Bangui, la peur d’Ebola se lave les mains au bord de l’Oubangui

Les voyageurs qui traversent l’Oubangui depuis la RDC passent par un contrôle sanitaire avant d’entrer en Centrafrique. Sur place, ceux qui vivent du…

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À Bangui, la peur d'Ebola se lave les mains au bord de l'Oubangui

Les voyageurs qui traversent l’Oubangui depuis la RDC passent par un contrôle sanitaire avant d’entrer en Centrafrique. Sur place, ceux qui vivent du fleuve s’inquiètent de voir le virus arriver avec les pirogues.

Au débarcadère de M’Poko Bac, dans la commune de Bimbo, au sud-ouest de Bangui, les pirogues venues de RDC déposent leurs passagers. Le parcours est balisé. Les voyageurs sortent un à un, se dirigent vers le lavage des mains, écoutent les consignes de sensibilisation, puis passent sous une tente pour la prise de température et l’enregistrement. Maldiana Bagalama, chargée du contrôle sanitaire, décrit ce dispositif. Chaque étape vise à repérer un signe suspect avant que la personne ne poursuive sa route.

La vigilance s’explique par la proximité de l’épidémie. Le virus est présent dans les trois régions congolaises qui longent la frontière avec la Centrafrique, une limite de plus de 1 500 kilomètres. La RDC est au cœur de la flambée, avec plus de 10 000 malades recensés sur le continent, dont la grande majorité dans le pays, et des cas signalés au Kenya ainsi qu’au Nigeria. Ebola se transmet par les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique grave. Il a causé plus de 15 000 décès en Afrique.

Au bord de l’eau, l’activité ne s’arrête pas. Pêcheurs, transporteurs en pirogue, vendeuses de poisson frais et travailleurs du sable dépendent de l’Oubangui, qui sert aussi de voie de circulation entre les deux pays. Neige, vendeuse de poisson et mère de trois enfants, craint que les personnes travaillant près du fleuve soient les premières touchées. Elle demande au ministère de la Santé davantage de précautions. Foxy Yéti Nzapa, 25 ans, père de deux enfants, transporte des passagers. Il dit que son travail est difficile à remplacer et que les traversées sans protection l’exposent au virus. Pour lui, des mesures préventives sont nécessaires.

Les autorités ont renforcé les contrôles aux points d’entrée. Des agents de santé, des services des eaux et forêts, de la douane, de la protection civile et des forces de sécurité intérieure y sont mobilisés. Valentin Nebanga, chef de service au ministère de la Santé, explique que tous les passagers sont systématiquement contrôlés à l’entrée comme à la sortie. Les agents de santé communautaire prennent les températures et posent des questions aux voyageurs à partir d’une fiche. Des chefs de quartier, des responsables communautaires et des leaders religieux relaient aussi les consignes de prévention.

La Centrafrique n’a signalé aucun cas sur son sol. Le médecin reconnaît pourtant que la préparation n’est jamais totale et que le plus difficile est de maintenir la mobilisation. Sur les rives de l’Oubangui, éviter les déplacements n’est pas une option pour ceux qui vivent du transport, de la pêche ou du commerce. Leur subsistance dépend des échanges qui continuent. La protection sanitaire doit donc composer avec cette réalité, sans relâcher la sensibilisation.

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