Faits Divers
Body Minute face à des franchisés qui veulent devenir salariés
Dix franchisés et anciens franchisés de Body Minute demandent aux prud’hommes de Paris de requalifier leur contrat de franchise en contrat de travail. Ils…

Dix franchisés et anciens franchisés de Body Minute demandent aux prud’hommes de Paris de requalifier leur contrat de franchise en contrat de travail. Ils dénoncent un contrôle permanent de la maison mère, qui répond que ces obligations découlent du modèle même de la franchise.
Dix franchisés et anciens franchisés de l’enseigne d’esthétique Body Minute ont saisi les prud’hommes de Paris. Ils veulent faire reconnaître que leur contrat de franchise cache en réalité un contrat de travail salarié. Pour eux, les conditions et obligations imposées par JCDA, la maison mère, vont bien au-delà de ce qu’un contrat de franchise autorise. Leur démarche repose sur un constat simple à leurs yeux. Le contrôle exercé par la tête de réseau serait incompatible avec le statut d’indépendant.
Parmi les requérants, sept ne font plus partie du réseau. Leurs avocats réclament pour eux l’équivalent d’un licenciement, avec les indemnités qui vont avec. À l’audience, la partie adverse a été attaquée sur le lien de subordination. Une avocate des plaignants a pointé un système de contrôle et de pointage piloté par la direction. JCDA contrôlerait tout, selon elle, jusqu’à la tenue vestimentaire et la façon de parler aux clientes. Soraya Ouas, présidente du collectif à l’origine de la procédure, décrit des injonctions régulières, des ordres et des contrôles très fréquents. Elle évoque aussi des humiliations diffusées à l’ensemble du réseau. « Une fois que vous rentrez dans le système, vous devenez prisonnier », affirme-t-elle.
La défense rejette ces accusations. Pour les conseils de Body Minute, elles sont mal fondées. Un contrat de franchise suppose une assistance, une formation, un accompagnement, un savoir-faire et un manuel d’exploitation. Ce que les plaignantes présentent comme des atteintes à leur liberté relèverait donc, selon la défense, du fonctionnement normal de la franchise. Le fondateur Jean-Christophe David, absent à l’audience, avait démenti les accusations et assuré que 95 % des franchisées étaient très contentes.
L’affaire n’a pas été examinée en entier. Sur quinze dossiers, dix ont été étudiés. Les cinq autres seront jugés lors d’une seconde audience prévue le 17 décembre. Pour les dix premiers, la décision a été mise en délibéré au 14 décembre. Le réseau Body Minute, lui, continue de réduire. Le nombre d’instituts est passé de 465 en 2023 à 435 en 2024, puis à 425 en 2025. L’enseigne ne compte que 30 boutiques, le reste étant des franchisés.
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