Planète
Le CO2 s’accumule encore et la chaleur restera des siècles
Les concentrations des trois grands gaz à effet de serre ont signé un nouveau record en 2025, et le CO2 continue de grimper en 2026. Comme il séjourne…

Les concentrations des trois grands gaz à effet de serre ont signé un nouveau record en 2025, et le CO2 continue de grimper en 2026. Comme il séjourne très longtemps dans l’air, la chaleur déjà piégée pèsera encore sur des générations.
Dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote. Les trois gaz à effet de serre les plus tenaces présents dans l’atmosphère ont atteint des sommets en 2025, et la courbe ne s’inverse pas. Les mesures montrent que les niveaux de CO2 poursuivent leur montée en 2026. Une année de plus, un record de plus. La quantité de chaleur retenue dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée, ce qui nourrit des phénomènes météo plus violents et expose les économies comme les sociétés aux risques qui en découlent.
Le vrai problème tient à la durée. Le CO2 reste dans l’air des décennies, parfois des siècles, et son effet sur le climat se fera donc sentir bien après les efforts qu’on pourrait engager aujourd’hui. Sa concentration moyenne mondiale a atteint 426,8 parties par million en 2025, soit 153 % du niveau de 1750, avant l’industrialisation. Il pèse à lui seul environ 66 % du réchauffement attribué aux gaz persistants, et sa vitesse d’accumulation a triplé depuis les années 1960.
Entre 2024 et 2025, la hausse a été de 2,8 ppm. C’est au-dessus de la moyenne de la décennie, mais en dessous du bond exceptionnel de l’année précédente. L’explication tient notamment à des incendies moins émetteurs en 2025, après le puissant El Niño de 2023-2024. Chaque année, à peu près la moitié du CO2 rejeté demeure dans l’atmosphère, l’autre moitié étant absorbée par les océans et les écosystèmes terrestres. Ajouter 2,8 ppm reste malgré tout une injection considérable de carbone d’origine fossile.
Les sécheresses et les feux qui accompagnent El Niño affaiblissent la capacité des sols et des forêts à capter du carbone, ce qui laisse davantage de CO2 stagner dans l’air. Et chaque partie par million compte, puisqu’elle retient un peu plus de chaleur. L’océan et l’atmosphère encaissent une charge sans équivalent.
Le méthane suit la même pente. Sa concentration moyenne a atteint 1 948 parties par milliard en 2025, soit 267 % du niveau préindustriel. Il contribue à environ 16 % du réchauffement climatique, avec une durée de vie plus courte que celle du CO2. Un tiers de ses rejets vient de sources naturelles, comme les zones humides, elles-mêmes sensibles au climat. Les deux tiers restants sont liés aux activités humaines, notamment l’élevage, la riziculture, l’exploitation des énergies fossiles, les décharges et la combustion de biomasse. Le protoxyde d’azote, troisième gaz persistant, culminait pour sa part à 339,1 parties par milliard, soit 126 % de 1750. Engrais, combustion de biomasse et procédés industriels alimentent sa progression.
Deux gaz moins abondants mais redoutables inquiètent également, l’hydrogène moléculaire et l’hexafluorure de soufre, tous deux liés à la production et à la distribution d’électricité, et tous deux en hausse. Le second reste dans l’atmosphère jusqu’à 3 200 ans, et son pouvoir de réchauffement dépasse 24 000 fois celui du CO2.
Ces données tombent juste avant la COP31, prévue en novembre à Antalya, en Turquie. Elles décrivent ce qui s’est accumulé dans l’air, pas les émissions d’une année précise. La distinction est essentielle, car même une décrue des rejets ne ferait pas redescendre rapidement la concentration déjà stockée. Les onze dernières années figurent parmi les plus chaudes jamais observées, et rien n’indique pour l’instant un retournement de tendance.
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