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Après les saccages, les commerçants veulent ouvrir le dimanche jusqu’à Noël

Des vitrines en miettes, des rayons vidés, des stocks à reconstituer de zéro. À l’entrée de la saison la plus rentable de l’année, les professionnels…

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Après les saccages, les commerçants veulent ouvrir le dimanche jusqu'à Noël

Des vitrines en miettes, des rayons vidés, des stocks à reconstituer de zéro. À l’entrée de la saison la plus rentable de l’année, les professionnels touchés réclament le droit de travailler le dimanche et le gouvernement se dit prêt à leur faciliter la tâche.

Des vitrines en miettes, des marchandises raflées en quelques minutes, des magasins partis en fumée et des stocks à rebâtir entièrement. Le décor décrit par les commerçants qui ont traversé les dégradations des dernières semaines ressemble à un très mauvais scénario. Le réseau des chambres de commerce et d’industrie recense plus de 2 500 commerces abîmés, dont 1 161 visés par des pillages ou des incendies. Et le calendrier ne pouvait pas tomber plus mal, en pleine ouverture de la saison du Black Friday et des achats de Noël.

Pour rattraper les journées perdues, les professionnels ont réclamé une mesure simple. Pouvoir ouvrir le dimanche. L’exécutif leur a répondu par un encouragement, en invitant maires et préfets à autoriser ces ouvertures exceptionnelles jusqu’aux fêtes. L’argument de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, tient en une idée courte. La demande vient des commerçants eux-mêmes, donc y répondre revient à la satisfaire.

Le ministre du Travail s’est placé sur la même ligne, en parlant d’un accord de principe. Il pose malgré tout une condition, s’assurer que les commerces attaqués sont en état de rouvrir correctement, une fois les réparations effectuées. Il ajoute un garde-fou, ces dimanches travaillés reposeraient sur le volontariat des salariés.

Du côté syndical, la réponse est nettement plus froide. FO dénonce une nouvelle provocation du gouvernement et refuse l’idée que les salariés aient à subir des dérogations au repos dominical. L’organisation pointe un risque très concret pour les plus petites boutiques, qui n’ont ni le personnel ni les moyens financiers de tenir ouvertes sept jours sur sept.

Les grandes enseignes ne veulent pas rester au bord de la route. L’Alliance du Commerce, qui représente 16 000 enseignes et plus de 150 000 salariés, a saisi le Premier ministre, les ministres du Travail et du Commerce ainsi que l’ensemble des préfets pour appuyer cette demande commune. Elle plaide aussi pour que les aides bénéficient à toutes les entreprises touchées, quelle que soit leur taille.

Le dispositif annoncé par le ministre du Commerce, Serge Papin, prévoit une aide directe pouvant grimper jusqu’à 10 000 euros. Elle reste réservée aux commerces de moins de 50 salariés et de moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Bpifrance complète le tout avec un prêt à taux zéro allant jusqu’à 50 000 euros, accessible aux entreprises individuelles, aux TPE et aux PME créées depuis plus d’un an. Les grands magasins, souvent ciblés pour leur notoriété et leur emplacement, se retrouvent exclus du périmètre, ce que l’Alliance regrette.

La fédération réclame enfin une prise en charge à 100 % au titre de l’activité partielle pour les établissements contraints de fermer pour raisons de sécurité, même sans dégâts matériels. Elle chiffre l’ampleur du trou d’air, avec des baisses de chiffre d’affaires atteignant 90 % sur deux samedis, des journées habituellement décisives. S’y ajoutent les frais de sécurisation des points de vente. Novembre et décembre pèsent lourd dans les résultats annuels, et de ces semaines dépendent la trésorerie, les emplois et la présence des magasins dans les territoires.

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