Europe
Canada et Union européenne visent une alliance inédite, avec un statut encore flou
Le Canada et l’Union européenne veulent donner un nouvel élan à leur coopération lors d’un sommet à Montréal, malgré un débat sur le statut exact accordé…

Le Canada et l’Union européenne veulent donner un nouvel élan à leur coopération lors d’un sommet à Montréal, malgré un débat sur le statut exact accordé à Ottawa. Minerais, numérique, recherche et mobilité des jeunes figurent parmi les pistes d’un rapprochement pensé face aux tensions avec Washington et Pékin.
L’idée d’un Canada « membre associé » de l’Union européenne aura fait parler avant même l’ouverture du sommet. Ursula von der Leyen l’a mise sur la table, y voyant un moyen de bâtir un lien plus étroit qu’avec tout autre pays non européen. Mais plusieurs États membres, dont l’Allemagne, ont freiné. Aucun traité ne définit juridiquement ce statut. La déclaration finale devrait donc parler d’une association toujours plus étroite, sans aller jusqu’à une adhésion. Mark Carney minimise ce débat sur le nom et insiste sur ce que le rapprochement changera concrètement pour les Canadiens.
Derrière les mots, le sommet doit élargir une relation déjà dense. Ottawa et Bruxelles veulent avancer sur les minerais stratégiques, le commerce numérique, la recherche, la régulation de l’intelligence artificielle ou encore la mobilité des jeunes. Le sous-sol canadien intéresse l’industrie européenne, très dépendante de la Chine pour ces ressources. Un accord pourrait ouvrir la voie à des financements de la Banque européenne d’investissement pour des projets d’exploitation au Canada. D’autres annonces sont attendues sur des transactions en ligne plus rapides et moins coûteuses, un éventuel rapprochement du Canada au programme de navigation Galileo ou une participation à Erasmus.
Ce rapprochement se comprend aussi comme une réponse à un contexte international plus tendu. Mark Carney évoque un monde plus dangereux et plus polarisé, où le Canada et l’Union européenne cherchent à mettre leurs forces en commun pour ne pas se laisser dicter leurs choix. Donald Trump a jugé ce rapprochement ridicule et a menacé l’UE de rompre les échanges commerciaux. Le retour du président américain à la Maison Blanche a déjà poussé Bruxelles et Ottawa à se rapprocher, avec par exemple l’intégration de Canadiens à un programme européen d’aide à l’industrie de défense ou l’invitation de Mark Carney à des réunions européennes.
Le socle économique existe depuis dix ans avec le CETA, cet accord de libre-échange qui supprime les droits de douane sur 98 % des produits échangés. Il n’est pourtant pas encore ratifié par tous les parlements nationaux de l’UE, dont celui de la France, et reste critiqué, notamment par des éleveurs français. Ce dossier reste ouvert, mais les discussions doivent aussi montrer que le Canada et l’Europe veulent élargir leur coopération au-delà du commerce, dans un moment où leurs liens avec Washington sont compliqués. Pour les entreprises, les chercheurs, les étudiants et les secteurs dépendants de matières premières, les annonces attendues pourraient avoir des effets très concrets.
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