Europe
À Olechky, une trêve locale offre un répit rare dans le sud de l’Ukraine
Une pause dans les combats permet enfin d’acheminer de l’aide et d’évacuer des civils à Olechky, après des mois de pénuries et de dangers. Cette accalmie…

Une pause dans les combats permet enfin d’acheminer de l’aide et d’évacuer des civils à Olechky, après des mois de pénuries et de dangers. Cette accalmie reste fragile, même si elle est saluée comme un pas important.
Dans le sud de l’Ukraine, une trêve locale tient pour une deuxième journée consécutive à Olechky, une ville sous occupation russe dans la région de Kherson. Cette pause, rare dans une guerre qui approche de sa cinquième année, a été négociée avec l’aide des États-Unis et déclarée pour permettre une opération humanitaire. Sur place, les habitants vivent depuis des mois avec des pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments. La localité se trouve près du Dniepr, qui marque la ligne de front, et sous le feu croisé des drones ukrainiens et russes. Les routes minées rendent les déplacements très dangereux.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué cette accalmie en la qualifiant d’« énorme succès » lors d’une conférence de presse à La Haye, aux côtés du Premier ministre néerlandais Rob Jetten. Il s’est réjoui que les habitants de la région de Kherson puissent bénéficier, même quelques jours, d’un répit. Il a remercié la partie américaine, à l’origine de l’initiative, avant de nuancer en espérant que les choses se terminent bien. La trêve a été annoncée par Melania Trump, première dame des États-Unis. Les médiateurs chargés des droits humains en Russie et en Ukraine, Iana Lantratova et Dmytro Loubinets, ont confirmé séparément qu’elle était toujours respectée. Loubinets a assuré qu’aucun incident n’avait été signalé depuis son entrée en vigueur.
L’opération prévoit des livraisons d’aide humanitaire et l’évacuation des civils qui souhaitent partir. Un retour en territoire sous contrôle ukrainien reste pratiquement impossible dans ce secteur, car les ponts sur le Dniepr y sont coupés. Le déminage des routes est en cours. Dmytro Loubinets l’a présenté comme une étape cruciale pour acheminer l’aide en sécurité et permettre aux habitants de quitter la ville. Les itinéraires concernés n’ont pas été précisés. Les autorités locales installées par la Russie ont laissé entendre que les habitants pourraient devoir transiter par le territoire annexé. Des responsables russes estiment que la plupart des personnes désireuses de fuir l’ont déjà fait. Un haut responsable ukrainien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, indique qu’une grande partie des habitants encore présents veut rester.
Le gouverneur régional de Kherson, Oleksandre Prokoudine, a assuré qu’aucune frappe ni aucun impact sur des installations civiles ou d’infrastructure critique n’avait été enregistré pendant la période. Pour Dmytro Loubinets, la trêve a aussi eu un effet tangible sur Kherson, la capitale régionale qui comptait environ 280 000 habitants avant l’invasion russe. La ville, soumise à des bombardements constants, a retrouvé un peu de vie. Il décrit davantage de monde dans les rues, une vie urbaine plus dynamique, des gens qui sortent sans peur, se promènent et profitent du soleil. Des photos montrent des habitants vendant des fruits sous des filets antidrones et des employés municipaux tondant des pelouses au milieu d’immeubles en ruines.
Kherson reste un bastion ukrainien important sur le front sud et une ville visée quotidiennement par des explosifs russes. Kiev accuse Moscou d’y mener des « safaris humains ». La ville se situe dans une « zone de mort » d’environ 20 kilomètres autour de la ligne de front, où pullulent les drones des deux camps. Le parlementaire et négociateur ukrainien Davyd Arakhamia voit dans cette trêve la « plus importante désescalade » depuis l’invasion russe à grande échelle. Les courtes pauses précédentes, comme celle de la Pâque orthodoxe, avaient réduit les attaques aériennes et les bombardements longue portée. Mais les deux camps s’étaient alors accusés de multiples violations sur le front.
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