Économie
Salades hors de prix, carottes et poireaux en berne, l’été sec se paie au rayon légumes
La chaleur et le manque d’eau ont fait fondre les récoltes de laitues cet été. Les prix restent très au-dessus de l’ordinaire, et la production recule…

La chaleur et le manque d’eau ont fait fondre les récoltes de laitues cet été. Les prix restent très au-dessus de l’ordinaire, et la production recule bien plus vite que les surfaces plantées.
Prenez une laitue. Son prix a grimpé en flèche en juillet, puis surtout en août, avec une hausse de 58 % sur ce seul mois par rapport à l’an dernier et de 69 % comparé à la moyenne des cinq dernières années. La raison tient en trois mots. Pas assez de marchandise sur les étals. Les cours se sont un peu détendus depuis, mais ils restent nettement supérieurs à ceux des années précédentes.
Les chiffres de la production racontent la même histoire. Pour la campagne qui court de mai à avril, la filière devrait sortir 389,7 millions de têtes de laitue, beurre, batavia, romaine et feuille de chêne confondues. C’est 8 % de moins que la campagne précédente. Et ce n’est pas faute d’avoir planté, puisque les surfaces ont progressé de 2 %. La chaleur et le manque d’eau ont simplement eu le dernier mot.
Le détail du calendrier est éloquent. En juin, les fortes températures ont réduit les volumes et compliqué les récoltes. En juillet et en août, les épisodes caniculaires se sont enchaînés et ont provoqué de grosses pertes, entre brûlures et montaisons rapides. Ce phénomène de montaison, c’est la plante qui monte en graine parce qu’elle sent sa fin proche et cherche à se reproduire. Les pieds perdus s’ajoutent aux pieds malades, et la production estivale chute de 25 % sur la saison.
Septembre n’a rien arrangé. Les quelques averses du mois n’ont pas suffi à redresser les rendements de façon notable. Et la laitue n’est pas la seule à souffrir. La carotte devrait reculer de 11 % sur la campagne, et de 4 % par rapport à la moyenne quinquennale. La carotte primeur a profité des chaleurs de mai, mais celle récoltée plus tard dans l’été a beaucoup moins aimé, avec un rendement en baisse d’environ 15 %. Le poireau n’est pas mieux loti, avec une production attendue en repli de 13 %. Autrement dit, l’ardoise de cet été sec ne s’arrête pas à la salade.
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