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Parcoursup promis à la disparition en 2028 mais son remplaçant reste à inventer

Le gouvernement a ouvert mercredi un débat à l’Assemblée sur l’après-Parcoursup, sans vote et sans réponse toute faite. À gauche on réclame des places, à…

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Parcoursup promis à la disparition en 2028 mais son remplaçant reste à inventer

Le gouvernement a ouvert mercredi un débat à l’Assemblée sur l’après-Parcoursup, sans vote et sans réponse toute faite. À gauche on réclame des places, à droite une sélection assumée.

Un mois de mobilisation lycéenne et étudiante a fini par peser. Lundi, l’exécutif a annoncé une « évolution forte » de la plateforme d’orientation post-bac, étape avant sa disparition programmée pour 2028. Deux jours plus tard, Sébastien Lecornu a lui-même convoqué les députés pour discuter de la suite. Le Premier ministre a prévenu qu’il venait chercher « des propositions et des engagements précis », pas « des slogans ou des promesses sans fondement sérieux ». Son ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a ajouté une mise en garde. Le Parlement ne peut pas se contenter d’exiger la fin d’un système, il doit aussi dire sur quels principes bâtir le suivant.

À gauche, la réponse est venue vite et fort. La communiste Soumya Bourouaha a renvoyé le gouvernement à ses responsabilités, lui reprochant de venir chercher une solution à un problème qu’il a créé, à six mois d’un départ dont il sait qu’il ne réglera rien. Avec l’intersyndicale de la jeunesse, elle demande 250 000 places de plus dans le supérieur, quand lundi 15 000 ont été annoncées. Elle veut aussi un baccalauréat rebâti sur des épreuves terminales et un service public d’orientation renforcé. Le chemin est le même chez les écologistes, où Jean-Claude Raux plaide pour un droit d’accès au premier cycle pour tout bachelier, avec une priorité dans son académie, et dénonce une pénurie organisée. Le socialiste Pierrick Courbon décrit Parcoursup comme un outil de gestion de la pénurie avant d’être une aide à l’orientation, et réclame un plan de rattrapage avec au bas mot 150 000 places. Pour l’insoumis Louis Boyard, la plateforme sert une vision politique libérale, les gouvernements successifs ayant affaibli lycées et universités publics au profit du privé. Il chiffre l’effort nécessaire à 10 milliards d’euros dans l’éducation et le supérieur.

Au centre, on reconnaît un malaise sans vouloir tout jeter. Le MoDem Frantz Gumbs estime que Parcoursup ne crée pas le problème mais le révèle, résumant le paradoxe d’un pays qui a massifié les candidats sans massifier l’accueil. Il plaide pour que les heures d’orientation au lycée soient réellement appliquées et pour un meilleur accompagnement des professeurs principaux. La macroniste Violette Spillebout admet une crise de confiance autour d’un dispositif anxiogène. Elle réclame plus de transparence, avec des outils de classement des établissements rendus publics, tout en laissant aux établissements la décision de sélection.

À droite, le débat a glissé sur le principe même de la sélection. Philippe Fait, chez Horizons, ramène la question à la méritocratie républicaine et prévient qu’une sélection supprimée à l’entrée reviendra plus tard, plus brutale et plus injuste, en pensant aux échecs en première année d’université. La LR Virginie Duby-Muller va plus loin, voyant dans Parcoursup non pas la maladie mais le symptôme d’un pays qui sélectionne partout sans jamais oser le dire. Elle veut assumer la sélection, dire la vérité sur les débouchés, relever le niveau de l’école, transformer les prérequis en vraies conditions d’admission et redonner du poids au bac dans les procédures. Au Rassemblement national, Roger Chudeau souhaite lui aussi remettre les épreuves du bac au centre en supprimant le contrôle continu. Il demande en plus de réduire le catalogue de formations, fort d’environ 25 000 entrées lors de la dernière campagne, et de mieux contrôler les procédures de sélection des établissements par l’autorité académique.

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