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Anthropic ouvre ses comptes et dévoile les angles morts de l’IA

Le créateur de Claude prépare son entrée en Bourse avec des revenus spectaculaires et des pertes qui le sont tout autant. Son dossier public insiste sur…

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Anthropic ouvre ses comptes et dévoile les angles morts de l'IA

Le créateur de Claude prépare son entrée en Bourse avec des revenus spectaculaires et des pertes qui le sont tout autant. Son dossier public insiste sur les dérives possibles de systèmes d’IA toujours plus autonomes.

Le dossier d’introduction en Bourse d’Anthropic est désormais public. Le groupe de San Francisco, à l’origine du chatbot Claude, y confirme une croissance fulgurante. Il a généré 16,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier semestre, contre 4,6 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2025. Aucune entreprise n’avait atteint un tel niveau de revenus en seulement cinq ans d’existence. Le document ne fixe ni valorisation ni calendrier d’entrée à Wall Street. Des investisseurs auraient demandé à la start-up de ramener sa valorisation de 2 000 à 1 500 milliards de dollars avant l’introduction.

Les comptes publiés montrent aussi un déséquilibre massif. Anthropic restait largement déficitaire au premier semestre. Même en ôtant un effet comptable de 72 milliards de dollars lié à la valorisation des actions, la société affichait 8,4 milliards de dollars de pertes. À la différence de Google, Meta ou SpaceX, elle ne peut pas compter sur des rentrées de trésorerie venues d’autres activités. Pour sécuriser assez de puissance de calcul, elle a pris des engagements considérables avec des fournisseurs de cloud. Ces engagements atteignaient 265 milliards de dollars sur 20 ans, auxquels s’ajoutent des contrats sans montant minimal. Le prix du développement de l’IA de pointe apparaît ainsi en pleine lumière.

Le dossier consacre près de 100 de ses 335 pages, hors annexes, aux risques. Cette partie était très attendue après une série d’incidents rapportés chez OpenAI, Google ou Meta. Anthropic ne reprend jamais à son compte les avertissements de salariés ou d’anciens salariés de grands acteurs de l’IA sur le danger que la technologie ferait peser sur l’humanité. L’entreprise prévient que ses garde-fous contre un usage malveillant ont déjà échoué, été mal configurés ou désactivés par erreur. Elle reconnaît que cela pourrait se reproduire sans détection assez rapide. Ses modèles pourraient aussi causer des dommages en réalisant des actions dangereuses qu’aucun utilisateur n’a demandées. Ce risque monte à mesure que les systèmes gagnent en puissance et en autonomie, notamment avec des agents capables d’accomplir des tâches seuls.

Anthropic cite encore le recours croissant à l’IA pour concevoir de nouveaux modèles. La qualité du code produit par les machines atteindrait désormais celle des meilleurs programmeurs. Une fois ce seuil franchi, les humains cesseraient d’écrire du code pour se contenter de le contrôler. Ce fonctionnement, appelé amélioration récursive autonome, peut propager et aggraver les failles, biais ou erreurs des modèles actuels. Il risque aussi de rendre les capacités des systèmes plus rapides à progresser que les mesures de sécurité. Pour se prémunir, Anthropic se réserve le droit de repousser un lancement ou de limiter la disponibilité d’un modèle, comme pour Mythos, jugé trop risqué en cybersécurité. Dario Amodei a appelé à ralentir le développement de l’IA, un appel rejoint par OpenAI, Google et SpaceX.

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