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Un mois de mobilisation et l’exécutif promet du concret à la jeunesse

Cinq semaines de contestation dans les lycées et sur les campus ont contraint le gouvernement à agir. Parcoursup, orientation, bâtiments, places à…

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Un mois de mobilisation et l'exécutif promet du concret à la jeunesse

Cinq semaines de contestation dans les lycées et sur les campus ont contraint le gouvernement à agir. Parcoursup, orientation, bâtiments, places à l’université, les annonces attendues touchent aux sujets qui fâchent.

La pression a grondé pendant des semaines dans les lycées et sur les campus. Elle trouve désormais une oreille au sommet de l’État. Le Premier ministre a reçu les organisations lycéennes puis étudiantes à Matignon, avec l’espoir de refermer cinq semaines de crise. Les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur doivent ensuite présenter les conclusions du gouvernement. En parallèle, les syndicats de personnels de l’éducation étaient conviés à un échange en visioconférence avec le cabinet du ministre de l’Éducation. Une plateforme ouverte pour recueillir les attentes avait réuni quelque 100 000 contributions avant sa clôture.

Le mouvement est parti d’un lycée de banlieue parisienne le 17 septembre. Il a gagné les établissements avant de déboucher, le 17 octobre, sur de vastes cortèges dans tout le pays, entachés à leurs marges de casses et de pillages. De quoi braquer les projecteurs sur le maintien de l’ordre, au point d’occulter le reste des revendications, celles de la jeunesse comme celles exprimant la colère contre la vie chère.

Le dossier Parcoursup concentre les tensions. La plateforme d’accès à l’enseignement supérieur cristallise les critiques, et le chef de l’État a lui-même ouvert la porte à une refonte en profondeur, après avoir reçu les organisations lycéennes. Le Premier ministre, lui, s’est montré plus prudent, promettant de faire bouger les choses sans annoncer la révolution. Il évoque pêle-mêle la transparence, une plateforme plus humaine, le nombre de professeurs, l’état des bâtiments ou encore le nombre d’élèves par classe au lycée. Une porte-parole de l’exécutif a résumé la nuance en rappelant que si Parcoursup était à l’origine de tous les problèmes d’orientation, la solution serait simple.

Les organisations à l’origine du mouvement ne comptent pas se contenter de promesses. L’Union étudiante, La Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne portent dix revendications majeures, chiffrées à 10 milliards d’euros. Parmi elles, la fin de la sélection à l’université, la création de 250 000 places dans le supérieur et une réforme des bourses. Du côté des personnels, la secrétaire générale du Snes-FSU réclame des réponses budgétaires et prévient qu’il faudra mettre sur la table des millions, voire des milliards, pour avancer. Les présidents d’université, eux, mettent en garde. Supprimer Parcoursup ne serait pas la solution miracle, disent-ils, et il ne faut pas confondre l’outil avec la politique de réduction des moyens qui a créé de fortes tensions à l’entrée du supérieur.

Reste à savoir si ces annonces suffiront à éteindre la contestation. Elles devraient se traduire par des amendements dans le budget en cours d’examen, portant sur les remplacements de professeurs ou les heures d’enseignement. Le Premier ministre doit ensuite recevoir les collectivités locales et les parlementaires pour de nouvelles discussions. Mais le calendrier presse. Une journée d’action est annoncée à l’appel des gilets jaunes le 31 octobre, et surtout une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre à l’initiative des syndicats de salariés. Dans l’entourage du chef de l’État, on veut croire que le terrain sécuritaire s’est stabilisé, tout en appelant à la vigilance. Un conseiller ministériel résume l’enjeu en estimant que les lycéens ont formé le premier étage de cet automne social et qu’il faut d’abord répondre à leurs attentes, avec des choses claires et massives.

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