Économie
Dangote ouvre sa raffinerie aux petits porteurs africains
Aliko Dangote met des actions de sa méga-raffinerie à la portée de millions d’Africains, à moins d’un demi-dollar l’unité. Le milliardaire nigérian veut…

Aliko Dangote met des actions de sa méga-raffinerie à la portée de millions d’Africains, à moins d’un demi-dollar l’unité. Le milliardaire nigérian veut faire de cette ouverture un levier pour doubler la capacité de son site et accélérer l’industrie du continent.
L’homme le plus riche d’Afrique ne se contente pas de bâtir des usines. Aliko Dangote a proposé des actions de sa méga-raffinerie nigériane à 0,4 dollar l’unité, soit à peu près le prix d’un Coca ou d’un Pepsi à Lagos, Nairobi ou Kinshasa. Son slogan, l’entrée en Bourse du peuple, résume l’idée. Il veut que les Africains prennent une part directe dans cette infrastructure, au lieu de la regarder de loin.
La souscription a été prolongée de plusieurs semaines et touche à sa fin. Le magnat affirme avoir levé plus de trois ou quatre fois les 1,6 milliard de dollars visés au départ. L’argent doit servir à doubler la capacité de la raffinerie, aujourd’hui de 700 000 barils par jour. Déjà la plus grande du continent, elle doit devenir la plus grande au monde.
Pour lui, la transformation doit se jouer en Afrique. Il assure que d’ici 2030, la majorité des pays du continent couvriront eux-mêmes leurs besoins en carburants. Peu importe le lieu de raffinage, dit-il, tant que l’opération se fait sur le sol africain. Lors de l’inauguration de la raffinerie, un projet à 16 milliards de dollars, il a présenté cette étape comme un nouveau chapitre du parcours industriel africain.
Le nom Dangote s’inscrit dans une longue histoire commerciale. Du côté de sa mère, il descend de la famille Dantata. Son arrière-grand-père Alhassan Dantata passait déjà pour l’un des commerçants les plus riches d’Afrique au début du XXe siècle. Né à Kano, la principale ville du nord du Nigeria, Aliko Dangote aiguise très tôt son sens des affaires en revendant des bonbons à ses camarades de classe. Après des études au Caire, à l’université Al-Azhar, il se lance à 20 ans dans le ciment, le riz et le sucre. Il construira ensuite des usines géantes pour maîtriser la chaîne de production et approvisionner de nombreux pays.
Son ambition est affichée. Il veut faire de son groupe la première entreprise africaine à peser 100 milliards de dollars d’ici 2030. À 69 ans, l’homme à la fortune estimée à plus de 35,7 milliards de dollars cultive une image de simplicité. Il dit parfois conduire lui-même sa voiture, éviter les longs convois de sécurité et prendre des vols commerciaux malgré un premier jet privé acquis à 22 ans. Il travaille des journées de 18 heures, parle de son entreprise comme d’un passe-temps et vit dans la même maison depuis près de quarante ans.
La Fondation Dangote finance l’éducation, la santé et l’aide d’urgence. Elle a notamment soutenu des victimes d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Passionné de football, il a un temps envisagé d’entrer au capital d’Arsenal. Il y a renoncé, préférant rester supporter et concentrer ses moyens sur son propre groupe.
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