Politique
À l’Assemblée, Lecornu tance une gauche qui quitte l’hémicycle
Les députés socialistes et écologistes ont quitté les rangs en plein échange avec le président du groupe Rassemblement national. Le chef du gouvernement y…

Les députés socialistes et écologistes ont quitté les rangs en plein échange avec le président du groupe Rassemblement national. Le chef du gouvernement y voit un mauvais calcul, susceptible selon lui de servir ses adversaires d’extrême droite.
La séquence a duré quelques secondes, mais elle en dit long sur l’état des rapports à l’Assemblée. Mardi, pendant les questions au gouvernement, les élus socialistes et écologistes se sont levés en bloc et ont quitté l’hémicycle. Le moment choisi n’a rien d’anodin. C’est Sébastien Chenu, fraîchement désigné à la tête du groupe Rassemblement national, qui venait de prendre la parole pour interroger le Premier ministre.
Le député du Nord avait auparavant dénoncé avec virulence ce qu’il qualifie de « minables récupérations politicardes » de la part de ses adversaires de gauche. Ces derniers établissent un lien entre les discours du parti d’extrême droite et le passage à l’acte du tireur de Trappes, après l’attentat raciste commis dans cette ville. Un raccourci que le Rassemblement national rejette et qui a visiblement rendu la discussion explosive.
La réponse de Sébastien Lecornu n’a pas tardé, et elle a visé directement les bancs désertés de la gauche. Le chef du gouvernement a d’abord déploré un « spectacle dans lequel tout sent la campagne présidentielle » et un « recel politicien ». Puis il a durci le ton, s’adressant frontalement aux absents. En croyant combattre le racisme, leur a-t-il reproché, ils seraient « précisément en train de faire le jeu de l’extrême droite, du Rassemblement national ».
Pour le Premier ministre, la bonne réponse se jouait dans l’hémicycle, pas à l’extérieur. « Vous devriez justement être présents dans cet hémicycle, ne pas avoir déserté, mener le débat, défendre l’unité » et « les valeurs de la République », a-t-il insisté, appelant à « faire corps, faire bloc et ne rien lâcher ». Une manière de renvoyer ses opposants à leurs propres responsabilités, tout en réaffirmant la ligne de son camp face au parti de Marine Le Pen.
Le locataire de Matignon a terminé sur une note nettement plus sombre, jugeant que « l’ambiance particulièrement nauséabonde de ces questions au gouvernement ne laisse présager de rien de bon pour les semaines et les mois qui viennent ». Derrière cette formule, une échéance précise. Le scrutin présidentiel aura lieu dans six mois, et les passes d’armes à l’Assemblée ressemblent déjà à des répétitions générales.
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