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Plus de 2 500 commerces abîmés par les cortèges, les commerçants réclament une trêve avant les fêtes

Les violences en marge des défilés ont laissé des traces durables sur les vitrines françaises, et près de la moitié des établissements touchés ont été…

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Plus de 2 500 commerces abîmés par les cortèges, les commerçants réclament une trêve avant les fêtes

Les violences en marge des défilés ont laissé des traces durables sur les vitrines françaises, et près de la moitié des établissements touchés ont été pillés, saccagés ou incendiés. À quelques semaines de décembre, le réseau des chambres de commerce réclame l’arrêt des manifestations.

Le bilan est lourd et il est désormais chiffré précisément. Le réseau des chambres de commerce recense 2 488 commerces touchés lors de la journée du 17 octobre, auxquels s’ajoutent 50 autres le 24 octobre. Sur ce total, 1 161 établissements ont subi des dégâts importants, qu’il s’agisse de pillages, de saccages ou d’incendies. Autrement dit, pour près d’un commerce atteint sur deux, il ne s’agit pas d’une vitre fissurée ou d’une façade taguée, mais d’une activité à l’arrêt.

Cette séquence arrive au pire moment pour un secteur déjà éprouvé. Son représentant, Alain Di Crescenzo, a rappelé la succession de secousses encaissées depuis 2018. Les gilets jaunes, l’épidémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk en 2023, et un pouvoir d’achat en berne. Chaque crise a entamé les trésoreries, sans que les commerces aient vraiment le temps de souffler entre deux.

Les effets des manifestations se mesurent directement dans les caisses. Les samedis de mobilisation, les commerces de centre-ville perdent 80 % de leur chiffre d’affaires, parce que les clients désertent les zones concernées. Le calendrier rend la situation plus tendue encore, puisque novembre et décembre pèsent 40 % du chiffre d’affaires annuel des commerces de proximité. D’où l’appel lancé par Alain Di Crescenzo, qui réclame rien de moins qu’une interdiction des manifestations jusqu’aux fêtes de fin d’année. Sa formule est simple. Il faut absolument relancer le commerce.

Certaines villes ont payé un prix particulièrement élevé. La métropole marseillaise dépasse Paris et l’Île-de-France en nombre de commerces touchés, avec 527 établissements recensés, dont 331 sinistrés et 128 pillés de fond en comble, selon Jean-Luc Chauvin, à la tête de la chambre de commerce d’Aix-Marseille Provence. Face à l’ampleur, un fonds d’urgence a réuni 12 millions d’euros, alimenté par la métropole, le département, la région et de grandes entreprises. Des fourgons utilitaires sont aussi prêtés gratuitement aux commerces sinistrés. « Il y a une vraie mobilisation de la communauté entrepreneuriale, qui se sent très solidaire et attachée à ce qui s’est passé pour les commerçants », salue Jean-Luc Chauvin.

La zone Lyon, Saint-Étienne et Roanne arrive en troisième position derrière Marseille et Paris, avec 307 commerces dégradés. Sa chambre de commerce a choisi une réponse inédite en finançant une quarantaine d’agents de sécurité privés. Philippe Valentin, qui la préside, assume le caractère exceptionnel de la démarche. La sécurité ne figure pas parmi les missions de l’institution, et cette initiative, lancée à la demande du préfet, a été montée en un temps record. Elle ne sera pas reconduite. Le résultat reste tangible, avec une vingtaine de commerces qui ont pu être sauvés le 17 octobre. Un moindre mal dans un paysage commercial qui, lui, mettra des mois à se remettre.

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