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Un budget sous tension pour soutenir le pouvoir d’achat

Le gouvernement travailliste d’Andy Burnham s’apprête à présenter un budget centré sur le pouvoir d’achat, avec des gestes ciblés et une marge de manœuvre…

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Un budget sous tension pour soutenir le pouvoir d'achat

Le gouvernement travailliste d’Andy Burnham s’apprête à présenter un budget centré sur le pouvoir d’achat, avec des gestes ciblés et une marge de manœuvre réduite. John Healey promet des règles budgétaires strictes tout en cherchant à rassurer les marchés et les ménages.

Le gouvernement travailliste d’Andy Burnham prépare son premier budget avec une idée fixe, redonner un peu d’air au pouvoir d’achat. John Healey, ministre des Finances, doit exposer les grandes lignes aux députés. La tâche n’a rien de simple. Les emprunts coûtent cher, les engagements en matière de défense pèsent et l’inflation reste élevée, à 3,5 % en septembre, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient. Face à ce décor, Healey promet des règles budgétaires strictes et veut que chaque livre soit bien investie. Les travaillistes ont aussi promis de couvrir à terme les dépenses courantes sans recourir à l’emprunt.

Les gestes annoncés restent très ciblés. Le gouvernement veut réduire certains droits de douane sur plus de cent produits importés, dont les cornichons et le chocolat, maintenir les indemnités kilométriques défiscalisées et étendre les indemnités parentales. Le salaire minimum devrait grimper de près de 4 %. De nouvelles aides pourraient alléger les factures d’énergie des ménages, en complément de la suppression de la TVA sur l’électricité entrée en vigueur en octobre. Les entreprises sont aussi concernées, avec 800 millions de livres d’économies attendues grâce à un allègement des formalités administratives et douanières. Pour Healey, ce budget doit offrir un répit face à certains coûts du quotidien, soutenir les entreprises et les travailleurs indépendants, puis faire baisser durablement les coûts de l’énergie.

La crédibilité demeure le nerf de la guerre. Avec une dette publique autour de 94 % du PIB, la marge de manœuvre est étroite, souligne James Wood, professeur d’économie politique à l’université de Cambridge. Il résume l’exigence ainsi. La priorité doit être la crédibilité, ce qui implique un budget qui respecte clairement les règles budgétaires, entièrement chiffré et évitant les larges cadeaux non financés. Les taux d’emprunt des États sont au plus haut depuis des décennies dans de nombreux pays, sur fond d’inflation nourrie par les prix de l’énergie liés aux guerres au Moyen-Orient et en Ukraine. Un cabinet d’analyse estime que la marge de sécurité du gouvernement pour tenir ses règles budgétaires a fondu de moitié depuis mars. L’organisme chargé de surveiller les finances publiques l’évaluait alors à 23,6 milliards de livres.

Pour trouver de nouvelles recettes, une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des banques est évoquée. Une hausse de l’impôt sur les plus-values aurait en revanche été écartée. Le gouvernement doit aussi préciser comment il financera les 4,7 milliards de livres manquant au plan d’investissement dans la défense annoncé avant ce budget. Ce plan prévoyait 15 milliards supplémentaires sur quatre ans et doit porter l’effort de défense à 2,7 % du PIB en 2027. La trajectoire vers les 3,5 % promis à l’OTAN pour 2035 sera précisée l’année suivante. Le dossier est sensible pour John Healey, qui avait quitté le ministère de la Défense sous Keir Starmer pour protester contre des financements jugés insuffisants.

L’organisme de surveillance des finances publiques publiera en parallèle ses nouvelles prévisions de croissance et d’inflation. Le FMI a relevé sa prévision de croissance du Royaume-Uni à 1,3 % pour 2026, tout en anticipant un léger ralentissement ensuite.

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