Monde
Nassib rouvre après une crise frontalière entre Damas et Amman
La Syrie annonce la réouverture de son principal passage avec la Jordanie, fermé après des frappes jordaniennes qui ont tué des civils. Les deux pays…

La Syrie annonce la réouverture de son principal passage avec la Jordanie, fermé après des frappes jordaniennes qui ont tué des civils. Les deux pays tentent désormais de contenir l’escalade et affichent leur volonté de coopérer contre le terrorisme.
La Syrie a annoncé la réouverture de Nassib, son principal poste-frontière avec la Jordanie, après l’avoir fermé en réaction à des frappes jordaniennes meurtrières sur son sol. Damas a dénoncé une violation inacceptable de son espace aérien. Le passage doit retrouver son trafic normal de passagers et de marchandises, un point crucial pour les échanges entre les deux pays. Cette crise intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par la lutte contre des groupes jihadistes et par la volonté d’Amman de répondre à une attaque sanglante contre une église.
Amman affirme avoir visé des jihadistes liés à l’attaque contre des chrétiens dans le sud du royaume. Le ministre jordanien Mohamed al-Momni assure que plus de vingt combattants de Daech ont été tués et qu’un important dépôt d’armes a été détruit. Les autorités syriennes donnent un tout autre bilan. Elles font état de cinq morts dans un hameau isolé de la province de Deraa, dont trois enfants, et de deux autres personnes tuées dans deux localités voisines. Un habitant, Nassouh al-Salim, a raconté que sa maison a été détruite et que sa mère, son grand frère et les trois enfants de ce dernier ont été tués pendant que la famille dormait.
La Jordanie justifie ces frappes par l’attaque qui a frappé des chrétiens dans le sud du pays. Neuf personnes ont été tuées et vingt-cinq blessées lors de funérailles dans une église orthodoxe grecque. Amman a annoncé l’arrestation de trois suspects jordaniens liés à des groupes extrémistes dans le sud syrien. Le roi Abdallah II avait promis une réponse ferme. Les frappes jordaniennes en Syrie constituent le plus grave épisode de tensions entre les deux pays depuis la prise de Damas par une coalition islamiste qui a renversé Bachar al-Assad fin 2024.
Les deux capitales ont pourtant vite affiché leur volonté de préserver de bonnes relations. Un communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères évoque un entretien téléphonique entre Assaad al-Chaibani et Ayman Safadi. Les deux responsables insistent sur la coopération contre le terrorisme et conviennent de créer un comité sécuritaire conjoint. Le ministre jordanien Mohamed al-Momni, également porte-parole du gouvernement, a assuré la Syrie et son peuple frère du profond respect de son pays. Il a dit regretter les victimes civiles.
L’organisation Etat islamique avait contrôlé de vastes parties de la Syrie avant sa défaite en 2019. Elle continue de revendiquer des attaques sporadiques contre les forces gouvernementales. La Jordanie avait déjà mené des frappes dans le sud syrien, en disant viser des trafiquants d’armes ou de drogue. La réouverture de Nassib n’efface pas les tensions, mais elle montre que les deux voisins veulent éviter une rupture durable.
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