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Aux Caraïbes, Charles III reconnaît les plaies de l’esclavage

Le souverain britannique entame une tournée caribéenne placée sous le signe des blessures coloniales et du climat. Aux Bahamas, il a reconnu les…

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Aux Caraïbes, Charles III reconnaît les plaies de l’esclavage

Le souverain britannique entame une tournée caribéenne placée sous le signe des blessures coloniales et du climat. Aux Bahamas, il a reconnu les souffrances du passé esclavagiste, sans prononcer les excuses officielles attendues par plusieurs pays.

Charles III a posé le pied aux Bahamas avec un message qui pèse lourd dans l’histoire britannique. Devant un rassemblement de jeunes, le souverain a reconnu « les grandes souffrances et injustices du passé » sur ces îles et au-delà. Il a ajouté qu’une part de ce que la culture bahaméenne offre de plus joyeux et de plus lumineux aujourd’hui était née « de l’obscurité ». Des mots forts, mais qui ne vont pas jusqu’aux excuses officielles réclamées par plusieurs anciennes colonies.

Cette tournée caribéenne conduit le monarque de 77 ans, traité pour un cancer dont la nature n’a pas été rendue publique, aux Bahamas, puis au Guyana. Camilla doit le rejoindre à Antigua-et-Barbuda pour la réunion bisannuelle des chefs de gouvernement du Commonwealth. La question des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation figure parmi les sujets sensibles. La secrétaire générale du Commonwealth, Ayorkor Botchwey, a indiqué que les dirigeants concernés en discuteraient à Antigua-et-Barbuda. Charles III a déjà qualifié l’esclavage de « jours les plus sombres » de l’histoire britannique.

Sur place, l’attente est tangible. À Nassau, des manifestants ont brandi des pancartes réclamant « Payez ce que vous nous devez ». La Jamaïque a déposé une pétition devant un tribunal londonien pour faire avancer la campagne en faveur de réparations pour les ancêtres africains victimes de siècles d’esclavage. Le président guyanien Irfaan Ali a estimé que la reconnaissance des « jours sombres » de la colonisation ne constituait qu’une première étape. Il réclame désormais des excuses, et demande des comptes à l’ancien Empire pour avoir exploité la région, détruit des vies et créé le sous-développement.

Des regrets ont déjà été formulés sur le rôle du Royaume-Uni dans l’esclavage, mais aucun souverain britannique n’a présenté d’excuses officielles. Londres rejette toujours l’idée d’une compensation financière. Le précédent d’un voyage du prince William et de Kate dans les Caraïbes reste dans les esprits. Cette visite avait tourné au fiasco, avec des manifestations hostiles à la monarchie et des appels à verser des réparations. Charles III sait donc qu’il avance sur un terrain où chaque geste symbolique est scruté.

Le climat s’invite aussi dans le débat. Aux Bahamas, le roi a souligné la vulnérabilité d’un État insulaire où 90 % des terres se trouvent à moins de deux mètres au-dessus du niveau de la mer. « Notre monde appelle au secours pour être guéri » des méfaits du changement climatique, a-t-il lancé. Défenseur de longue date des causes environnementales, il doit rencontrer des organisations engagées dans la restauration des coraux à Antigua-et-Barbuda et dans la protection de la forêt tropicale au Guyana. Son message doit toutefois cohabiter avec une demande de justice historique qui ne faiblit pas.

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