Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Charles III en Caraïbes avec l’esclavage et le climat en toile de fond

Le roi de 77 ans entame une tournée de neuf jours aux Bahamas, au Guyana et à Antigua-et-Barbuda. Il doit y évoquer les souffrances du passé colonial, les…

Article

le

Charles III en Caraïbes avec l’esclavage et le climat en toile de fond

Le roi de 77 ans entame une tournée de neuf jours aux Bahamas, au Guyana et à Antigua-et-Barbuda. Il doit y évoquer les souffrances du passé colonial, les appels à des réparations et les risques climatiques qui pèsent sur les îles.

Le souverain de 77 ans, toujours soigné pour un cancer dont la nature n’a pas été rendue publique, a commencé aux Bahamas une visite de neuf jours dans trois pays. Après l’archipel, il doit gagner le Guyana, puis retrouver Camilla à Antigua-et-Barbuda pour la réunion bisannuelle des chefs de gouvernement du Commonwealth. Ce déplacement ne se limite pas aux cérémonies. Il doit permettre d’évoquer les blessures laissées par la période coloniale et les conséquences du changement climatique sur des îles particulièrement exposées.

Aux Bahamas, Charles doit s’adresser à un rassemblement de jeunes avec un message qui assume le poids du passé. Il devrait dire que ce que la culture bahaméenne a de meilleur, de plus joyeux, de plus porteur d’espoir et de plus lumineux est né de l’obscurité. Il devrait aussi juger juste de reconnaître les grandes souffrances du passé sur ces îles et au-delà, tout en saluant les réussites du présent et en ouvrant des perspectives pour l’avenir. Le roi a déjà qualifié l’esclavage de jours les plus sombres de l’histoire britannique.

Les attentes vont toutefois bien au-delà des mots. Plusieurs anciennes colonies demandent des excuses officielles et des réparations pour les dommages causés par la traite et l’esclavage, dont les ancêtres du monarque ont profité pendant des siècles. La Jamaïque a saisi une juridiction londonienne pour faire avancer une campagne en faveur des ancêtres africains ayant souffert de centaines d’années d’esclavage. Le président du Guyana, Irfaan Ali, voit dans la reconnaissance des jours sombres de la colonisation une première étape. Il réclame désormais des excuses et demande que l’ancien Empire rende des comptes pour avoir exploité la région, détruit des vies et créé le sous-développement.

Jusqu’ici, aucun souverain britannique n’a présenté d’excuses officielles, même si des regrets ont été exprimés sur le rôle central du Royaume-Uni dans l’esclavage. Londres continue de refuser l’idée d’une compensation financière. Charles doit aborder ces questions coloniales à chaque étape de son voyage. Le précédent déplacement du prince William et de Kate dans les Caraïbes avait donné lieu à des manifestations hostiles à la monarchie et à des appels à verser des réparations. Pour le roi, cette tournée s’inscrit dans une démarche de longue haleine, faite de dialogue, de compréhension et de mise en lumière des pages les plus honteuses du passé.

Le climat occupe aussi une place importante. Les Bahamas, comme d’autres îles de faible altitude, subissent de plein fouet des menaces environnementales. Charles devrait souligner que le monde appelle à la guérison et rencontrer des acteurs engagés dans la protection des coraux à Antigua-et-Barbuda ou dans la sauvegarde de la forêt tropicale au Guyana. La secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchwey, rappelle que beaucoup de pays touchés par le climat ne figurent pas parmi les principaux pollueurs, alors qu’ils en supportent les conséquences les plus lourdes.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus