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Les Houthis frappent la grande raffinerie saoudienne et défient les alliances régionales
Les Houthis revendiquent un tir de missile contre la raffinerie de Ras Tanoura et le ministère de la Défense à Riyad. Un incendie a été signalé près du…

Les Houthis revendiquent un tir de missile contre la raffinerie de Ras Tanoura et le ministère de la Défense à Riyad. Un incendie a été signalé près du site pétrolier, mais l’ampleur des dégâts et l’effet sur les chargements restent flous.
Les Houthis, mouvement yéménite soutenu par Téhéran, affirment avoir visé la plus grande raffinerie de pétrole d’Arabie saoudite et le ministère de la Défense à Riyad. Leur porte-parole militaire parle d’un missile balistique tiré avec précision sur le site de Ras Tanoura, dans la province orientale, et d’immenses incendies. Les mêmes Houthis revendiquent aussi des tirs de missiles contre deux avions de combat dans le sud du royaume. Face à ces annonces, les forces saoudiennes, qui soutiennent le gouvernement yéménite et bombardent régulièrement les positions houthies, avaient indiqué auparavant avoir intercepté et détruit des missiles.
Ras Tanoura n’est pas un site ordinaire. La raffinerie, exploitée par le géant saoudien Aramco, compte parmi les plus grandes du Moyen-Orient et pèse lourd dans l’économie énergétique du royaume, premier exportateur mondial de brut. Un incendie a été signalé près du site pétrolier et aurait été maîtrisé. Reste une inconnue de taille, l’ampleur des dégâts et l’impact éventuel sur les opérations de chargement de pétrole. Le site avait déjà été pris pour cible lors de représailles de l’Iran et de ses alliés, qui avaient perturbé ses opérations au début du conflit régional entre les États-Unis et Israël contre Téhéran.
La reprise des hostilités au Yémen après quatre années d’accalmie a rouvert un front dans la guerre au Moyen-Orient. Le mouvement houthi a pris le littoral yéménite sur la mer Rouge, renforçant son emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique entre l’Europe et l’Asie via le canal de Suez, contrôlé par l’Égypte. Les attaques contre l’Arabie saoudite se sont intensifiées jusqu’à devenir quasi quotidiennes. Riyad cherche à rallier des soutiens internationaux, sans obtenir le suivi attendu de son allié américain.
À la demande du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le Parlement d’Égypte a autorisé des mesures de soutien au royaume saoudien. Leur contenu exact n’a pas été précisé, mais Le Caire insiste sur leur caractère purement défensif. Un responsable politique houthi a vivement critiqué ce geste, estimant que l’Égypte et son Parlement déclarent ainsi la guerre à la République du Yémen tout en rendant un immense service à Israël. Il a aussi jugé remarquable que ces soutiens parlent de paix régionale au moment où Le Caire affiche son appui à la défense saoudienne.
Ce responsable réagissait à une réunion à Téhéran entre dirigeants iraniens et responsables saoudiens, pakistanais et turcs, membres du pacte de défense dit de La Mecque et médiateurs régionaux. Riyad y a envoyé son ministre de la Défense, frère du dirigeant de facto du royaume, une première dans ce conflit. Le message houthi se veut ferme, le mouvement assure ne craindre aucune alliance. L’Égypte n’a pas rejoint le pacte de La Mecque, mais Riyad reste un soutien essentiel du Caire. Son armée, la plus importante du monde arabe, dispose de centaines de milliers de soldats, d’avions de combat et de systèmes modernes de défense aérienne fournis par plusieurs grandes puissances. Lors d’un précédent pic des combats au Yémen, elle avait rejoint la coalition dirigée par Riyad avec des forces navales et aériennes, en déployant des navires en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
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