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La croissance française cale et prend les économistes à revers

Contre toute attente, le produit intérieur brut français s’est contracté de 0,1 % au troisième trimestre, quand les prévisions attendaient une timide…

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La croissance française cale et prend les économistes à revers

Contre toute attente, le produit intérieur brut français s’est contracté de 0,1 % au troisième trimestre, quand les prévisions attendaient une timide hausse. Trois mois de plus sans élan, qui assombrissent la fin d’année.

Le chiffre est tombé et il a refroidi les projections. Le produit intérieur brut de la France a reculé de 0,1 % entre juillet et fin septembre, selon la première estimation de l’Insee. Les économistes tablaient, eux, sur une progression de 0,1 %. La deuxième économie de la zone euro rate donc encore le rendez-vous de la croissance.

Ce n’est pas un accident isolé. Après une stabilité parfaite au deuxième trimestre, à 0,0 %, et un repli de 0,1 % sur les trois premiers mois de l’année, le pays enchaîne un troisième trimestre sans dynamique. Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, l’a reconnu publiquement, en admettant que la croissance n’était pas au rendez-vous depuis trois trimestres. Il décrit une année 2026 à l’arrêt, sous le double effet de chocs venus de l’extérieur et de difficultés internes, citant la canicule qui a frappé l’Europe cet été et le blocage du détroit d’Ormuz.

Le commerce extérieur explique une bonne part de ce trou d’air. Sa contribution à la croissance plonge à -0,6 point, alors qu’elle atteignait +0,6 point le trimestre précédent. Les exportations se sont contractées de 1,7 %, après avoir bondi de 2,8 %. Les importations, elles, sont restées presque immobiles, avec +0,1 % après +0,9 %. Du côté du moteur intérieur, la demande hors stocks apporte tout juste +0,1 point au PIB, la variation des stocks jouant pour sa part un rôle positif.

La suite ne rassure guère. L’économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco, juge les projections « globalement négatives » pour les trimestres et les années qui viennent. Il aligne les risques macroéconomiques, du choc inflationniste à une possible bulle de l’intelligence artificielle, sans oublier un blocage politique ou une hausse des taux souverains. La Banque de France, elle, misait ce mois-ci sur +0,1 % au troisième trimestre.

L’inflation complique l’équation. Les chiffres préliminaires d’octobre la situent à +3,8 % sur un an aux normes européennes, contre +3,4 % en septembre. De quoi accentuer, selon Claus Vistesen, économiste en chef pour la zone euro chez Pantheon Macroeconomics, la pression en faveur d’une consolidation plus rapide et plus poussée du secteur public. Ces publications ne sont, à ses yeux, pas réjouissantes.

Les marchés, eux, scrutent déjà la signature française. Le rendement de l’OAT à dix ans a gagné 6,2 points de base pour s’établir à 4,9418 %, pendant que celui de l’Allemagne reculait légèrement. L’écart se creuse, alors que le pays traîne un déficit public qu’il peine à réduire, dans un climat social tendu et une incertitude politique entretenue par l’élection présidentielle de l’année prochaine.

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