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Dnipro, un drone russe frappe un quai de gare et tue au moins treize personnes

Un engin à réaction s’est abattu jeudi sur un quai où stationnait un train reliant Dnipro à Zaporijjia, faisant au moins treize morts et autant de…

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Dnipro, un drone russe frappe un quai de gare et tue au moins treize personnes

Un engin à réaction s’est abattu jeudi sur un quai où stationnait un train reliant Dnipro à Zaporijjia, faisant au moins treize morts et autant de blessés. Volodymyr Zelensky dénonce une attaque de plus contre un réseau ferroviaire devenu vital pour le pays.

Le quai de la gare de Dnipro, grande ville du centre-est de l’Ukraine, s’est transformé jeudi en scène de désolation. Un drone russe à réaction a frappé la plateforme où se trouvait à l’arrêt un train assurant la liaison vers Zaporijjia, autre capitale régionale du sud du pays. Le bilan provisoire fait état d’au moins treize morts et de treize blessés.

Une alerte aérienne avait pourtant retenti avant la frappe. Des gens se trouvaient malgré tout sur le quai, précise la compagnie ferroviaire nationale Ukrzaliznytsia dans un communiqué. Les images qui circulent montrent des corps allongés sur le béton, des policiers agenouillés à leurs côtés et des secouristes portant des blessés couverts de sang sur des brancards.

Ce type de cible n’a rien d’anecdotique. Depuis le premier jour de l’invasion à grande échelle lancée le 24 février 2022, l’armée russe vise trains et gares à travers tout le pays. Des centaines de locomotives ont été détruites, et des cheminots comme des voyageurs ont été tués. Le rail est devenu le seul moyen de se déplacer et d’acheminer des marchandises depuis la fermeture de l’espace aérien, ce qui en fait une proie stratégique autant qu’un point de rassemblement de civils.

Les attaques de drones sont si fréquentes que les chemins de fer ukrainiens ont lancé cette année des évacuations massives de passagers, y compris en cours de trajet. Rien qu’en septembre, plus de 5.800 trains ont dû être vidés à cause de menaces de frappes. Ces opérations se concentrent surtout près de la ligne de front, dans le sud et l’est, notamment autour d’Odessa, de la région de Dnipropetrovsk et de Zaporijjia.

Jeudi, d’autres frappes ont tué cinq personnes ailleurs en Ukraine. Deux morts dans le centre de Tcherniguiv, capitale régionale du nord, deux autres à Krementchouk où un immeuble d’habitation a été touché, et un dans la région de Zaporijjia, d’après les autorités locales.

Volodymyr Zelensky a réagi vivement, en pointant du doigt les récentes décisions occidentales sur les sanctions. Il a demandé combien d’attaques la Russie avait menées depuis que certains oligarques et le secteur énergétique russes ont été épargnés par des mesures de rétorsion, au lieu d’une désescalade. Le président ukrainien faisait référence à l’accord conclu en octobre entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour alléger les sanctions contre Moscou en échange de la mise sur le marché mondial de diesel russe, et au retrait en septembre de deux oligarques russes de la liste noire européenne, à la demande de la France et du Luxembourg.

Dans la région de Kherson, une trêve rarissime tenait jeudi pour la troisième journée consécutive. Négociée avec l’appui de la première dame américaine Melania Trump, elle doit permettre une opération humanitaire à Olechky, ville ukrainienne occupée où environ 2.000 habitants vivent depuis des mois sans nourriture, eau ni médicaments en quantité suffisante. La localité, collée au Dniepr qui fait office de ligne de front, reste sous le feu croisé des drones des deux camps, ce qui rend chaque déplacement sur les routes très risqué. Le commissaire ukrainien aux droits humains, Dmytro Loubinets, a annoncé jeudi qu’il se rendait sur place pour faciliter l’arrivée de l’aide et l’évacuation des habitants qui souhaitent partir.

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