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Flamanville coupe le courant près d’un an pour sa première grande révision

Le réacteur le plus puissant du parc français s’arrête dès samedi pour une visite complète de 350 jours, une première depuis sa mise en service. Au menu…

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Flamanville coupe le courant près d'un an pour sa première grande révision

Le réacteur le plus puissant du parc français s’arrête dès samedi pour une visite complète de 350 jours, une première depuis sa mise en service. Au menu, des inspections poussées et le remplacement d’un couvercle de cuve réclamé par l’autorité du nucléaire.

À partir de samedi, le réacteur de Flamanville 3 cessera de produire de l’électricité. La centrale de la Manche entame sa toute première visite complète, un rendez-vous obligatoire pour l’ensemble du parc français, qui doit être lancé dans les trente mois suivant le chargement du combustible, effectué le 8 mai 2024. Durée annoncée, 350 jours. Près d’un an d’arrêt pendant lequel l’installation sera passée au crible, pour une facture de plusieurs centaines de millions d’euros.

Trois grandes inspections structurent ce chantier. EDF va examiner en profondeur la cuve du réacteur, ainsi que le circuit primaire qui capte la chaleur issue de la réaction nucléaire, et vérifier l’étanchéité des circuits hydrauliques. Une opération sort du lot, le remplacement du couvercle de cuve, demandé par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection en raison d’anomalies connues de longue date. Cette pièce assure l’étanchéité du circuit primaire. Elle pèse près de 100 tonnes pour plus de 5 mètres de diamètre et abrite les mécanismes qui commandent les grappes de contrôle, autrement dit les commandes permettant de piloter la réaction nucléaire en sécurité. Fabriquée par Framatome à Saint-Marcel, en Saône-et-Loire, elle cédera sa place à une nouvelle. L’ancienne restera entreposée sur le site pendant deux ans, avant de rejoindre le centre de stockage de déchets radioactifs de l’Andra, dans l’Aube.

Le chantier ne s’arrête pas à la cuve. Des échangeurs de refroidissement vont être modifiés, tout comme le contrôle commande et la salle de pilotage de la centrale. Au total, 20 000 activités sont programmées, avec environ 2 500 personnes mobilisées et 200 entreprises partenaires, souvent ancrées dans le tissu industriel local. Un volume comparable à celui d’une visite décennale, celle que subissent les réacteurs lorsqu’ils atteignent 30 ou 40 ans. EDF cite l’exemple de Paluel 1, en Seine-Maritime, tout juste recouplé au réseau après avoir fêté ses 40 ans. Flamanville 3 prendra en revanche plus de temps que Chooz, dans les Ardennes, ou Civaux, dans la Vienne, où ces visites durent de 190 à 200 jours, à cause de la quantité de contrôles à mener. Le planning est présenté comme fiable et robuste, séquencé pour enchaîner chaque opération dans le bon ordre et en sûreté.

Cette première phase d’exploitation a de quoi rassurer. Elle a confirmé le bon comportement de l’installation et permis de repérer les équipements qu’il serait utile d’améliorer, selon EDF. Le réacteur affiche déjà 9,9 térawattheures produits depuis sa mise en service et a atteint sa pleine puissance le 14 décembre. Pour la seule année en cours, l’objectif de sept térawattheures a été franchi dès le 3 septembre. Raccordé au réseau fin 2024 avec douze ans de retard sur le calendrier prévu, Flamanville 3 est le premier réacteur nucléaire à démarrer en France depuis 25 ans. Sa facture, elle, est passée de 3,3 milliards d’euros annoncés au départ à environ 23,7 milliards aux conditions de 2023. Avec 1 600 mégawatts nets injectés sur le réseau, il demeure le plus puissant du parc français, dressé face à la Manche aux côtés de deux autres réacteurs.

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