Europe
Berlin bascule dans la tourmente trois jours après le sacre de Die Linke
Le parti de gauche radicale allemand savoure sa victoire dans la capitale, mais doit déjà encaisser un sérieux contrecoup. Des liens présumés avec des…


Le parti de gauche radicale allemand savoure sa victoire dans la capitale, mais doit déjà encaisser un sérieux contrecoup. Des liens présumés avec des clans criminels et des accusations de complaisance antisémite empoisonnent les négociations pour diriger la mairie.
La fête aura été de courte durée. Dimanche, Die Linke plaçait sa candidate Elif Eralp en tête du scrutin municipal berlinois. Trois jours plus tard, la voilà obligée de négocier avec les Verts et les sociaux-démocrates pour bâtir une majorité, tout en essuyant un feu nourri de critiques au Bundestag sur son rapport à l’antisémitisme et au crime organisé.
Le déclencheur porte un nom, celui de Ferat Kocak. Ce député élu à Neukölln, arrondissement de Berlin où vit une importante population arabe et où la section locale du parti est régulièrement pointée du doigt pour ses dérapages, a reconnu des contacts avec le clan Remmo. Cette famille est implantée de longue date dans le quartier et s’est fait connaître par le retentissant vol des joyaux de la Voûte verte, dans un musée de Dresde, à la fin de 2019. Dimanche soir, la présence d’Issa Remmo, l’une des figures de ce milieu, à la soirée électorale du parti a mis le feu aux poudres. Son fils Firas a ensuite diffusé sur Instagram des échanges avec l’élu, laissant penser que les deux hommes se fréquentaient et partageaient des intérêts.
Sur X, Ferat Kocak a assuré converser avec beaucoup de gens et avoir simplement répondu poliment à un interlocuteur dont il ignorait l’identité au départ. Il a lui-même admis que les contacts entre élus et personnes liées au crime organisé n’étaient aucunement justifiables. Il s’est mis provisoirement en retrait de ses fonctions, le temps que toute la lumière soit faite.
Au Bundestag, les reproches ont fusé de toutes parts. Les conservateurs de Friedrich Merz, l’extrême droite, mais aussi les sociaux-démocrates et les Verts ont tous reproché à la gauche radicale de ne pas marquer assez nettement sa distance avec les antisémites. Ils ont mis en garde contre une infiltration organisée du parti. Les conservateurs sont même allés jusqu’à évoquer une possible mise sous surveillance de la section berlinoise de Die Linke par les renseignements intérieurs allemands.
Dans les rangs écologistes, Andreas Audretsch a jugé qu’Issa Remmo incarne une figure centrale du crime organisé et qu’on ne se retrouve pas à des événements à ses côtés. Gregor Gysi, figure de Die Linke, a reconnu que son collègue avait commis une erreur et que le parti enquêtait. Il a aussi appelé à cesser d’instrumentaliser l’antisémitisme pour attiser la haine contre la gauche, dénonçant une manœuvre destinée à écarter sa formation d’une future coalition malgré sa victoire. Pour lui, l’enjeu réel est ailleurs, la CDU voulant reprendre la mairie de Berlin.
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