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Londres prêt à rouvrir le dossier des Chagos pour ne pas froisser Washington

Le Royaume-Uni se dit désormais prêt à renégocier l’accord de restitution de l’archipel des Chagos, signé l’an dernier avec Maurice. En cause…

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Londres prêt à rouvrir le dossier des Chagos pour ne pas froisser Washington

Le Royaume-Uni se dit désormais prêt à renégocier l’accord de restitution de l’archipel des Chagos, signé l’an dernier avec Maurice. En cause, l’opposition répétée de Donald Trump, qui bloque un texte suspendu depuis plusieurs mois.

L’accord sur les Chagos ne tient plus qu’à un fil, et Londres le sait. Le gouvernement britannique se déclare prêt à rouvrir la discussion avec Maurice sur la restitution de l’archipel, un dossier qui empoisonne ses relations avec Washington depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Le texte signé en mai 2025, au terme de longues années de tractations et d’un demi-siècle de litige, devait acter le retour de l’archipel à Maurice. Il a été suspendu en avril 2026, après que le président américain l’a désavoué. Depuis, plus rien n’avance.

La question a resurgi lors de la première rencontre entre Donald Trump et le Premier ministre britannique Andy Burnham, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois qualifié l’accord de « terrible », assurant que le Royaume-Uni allait « se pencher » sur le sujet. À ses côtés, son interlocuteur a acquiescé.

Un peu plus tard, Andy Burnham a expliqué à des journalistes britanniques qu’il fallait « trouver un compromis entre les différentes parties », ajoutant que son équipe y travaillait dur. Voilà des mois que Londres tente d’amadouer Washington, qui avait pourtant validé l’accord au départ, du temps du gouvernement travailliste de Keir Starmer.

Interrogé sur la BBC, le ministre de la Défense Wes Streeting a reconnu que le texte « dans sa forme actuelle, ne peut pas aller de l’avant sans le soutien des Etats-Unis ». Ni lui ni le chef du gouvernement n’ont annoncé de prochain rendez-vous pour relancer les échanges.

Pour plusieurs spécialistes des questions britanniques, ces déclarations confirment surtout ce que tout le monde savait déjà. L’accord est dans l’impasse, faute d’un feu vert américain. Et le sujet n’est pas une priorité pour Andy Burnham, qui veut éviter que les Chagos ne deviennent un boulet pour les dossiers qu’il entend porter sur la scène internationale, comme la régulation de l’intelligence artificielle ou l’Ukraine. Son objectif premier reste de rétablir de bonnes relations avec les Etats-Unis, ce litige ayant causé de grosses difficultés à l’alliance entre les deux pays.

Que prévoyait le texte ? Le Royaume-Uni conservait un bail de 99 ans sur l’île de Diego Garcia pour continuer d’exploiter la base militaire qui s’y trouve, moyennant 101 millions de livres par an, environ 120 millions d’euros, versés à Maurice. Ce site a joué un rôle central dans les guerres menées par les Etats-Unis en Irak, en 1990-1991 puis entre 2003 et 2011. Il a aussi servi de point de départ à des frappes contre les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran face à Israël.

Donald Trump s’est servi du dossier comme d’un instrument de pression. Il avait reproché à Keir Starmer d’avoir refusé que des bombardiers américains partent de la base pour frapper l’Iran au début du conflit, entre février et mars. Après avoir soutenu l’accord, il a changé d’avis début 2026 et l’a traité de « grande stupidité » sur son réseau Truth Social, au moment où il se heurtait à l’opposition de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni, sur son projet de s’emparer du Groenland. Il y a même vu une raison supplémentaire, liée selon lui à la sécurité nationale, d’annexer l’île. Keir Starmer avait dénoncé une tentative de pression sur lui et sur son pays.

Au moment de signer, ce dernier répétait qu’il n’existait pas d’autre alternative, face à l’hostilité du parti conservateur et du parti nationaliste Reform UK. Il voulait solder ce litige avec Maurice pour se conformer à un avis de la Cour internationale de justice et à une résolution non contraignante adoptée à l’ONU en 2019, qui demandaient au Royaume-Uni de mettre fin à son administration sur l’archipel. Une logique que l’équipe d’Andy Burnham ne semble plus vraiment épouser, notent des observateurs.

Reste le poids de l’histoire. Londres a gardé la main sur les Chagos après l’indépendance de Maurice en 1968. Entre cette date et 1973, le Royaume-Uni a expulsé 2.000 Chagossiens pour installer sa base à Diego Garcia.

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