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Les pêcheurs méditerranéens ne lâchent rien et montent la pression sur le gouvernement

Depuis trois jours, les marins de Méditerranée multiplient les blocages pour dénoncer la flambée du gazole et des conditions de travail toujours plus…

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Les pêcheurs méditerranéens ne lâchent rien et montent la pression sur le gouvernement

Depuis trois jours, les marins de Méditerranée multiplient les blocages pour dénoncer la flambée du gazole et des conditions de travail toujours plus dures. Le mouvement, parti d’Occitanie, de Paca et de Corse, gagne du terrain à mesure que les revendications restent sans réponse.

À Frontignan, dans l’Hérault, le dépôt pétrolier a retrouvé son calme mercredi. Les pêcheurs qui l’occupaient ont quitté les lieux sans heurt, après l’arrivée de plusieurs colonnes de CRS en milieu de matinée. Quelques cris ont fusé avant que le groupe ne se disperse. « Vous êtes aussi concernés ! N’oubliez pas que vous allez à la pompe vous aussi ! Nous, on meurt de faim », a lancé un pêcheur aux forces de l’ordre. Ce troisième jour de mobilisation traduit une colère qui ne retombe pas.

Leur quotidien, disent-ils, s’est assombri en quelques années. Brice Rousseau, pêcheur au Grau-du-Roi, dans le Gard, raconte avoir vu son salaire fondre de moitié en cinq ans. « On ne gagne plus d’argent, on ne s’en sort plus », souffle-t-il. Le gazole, lui, a doublé en six mois. « S’il n’y a pas quelque chose qui est fait, on va durcir les mouvements », prévient-il. Derrière cette exaspération, deux exigences reviennent sans cesse. Que les aides promises soient versées rapidement et que le règlement West med, qui encadre le chalutage en Méditerranée, soit allégé.

Les représentants des pêcheurs ont rencontré les responsables de la région Occitanie à Sète. À l’issue de la réunion, Louise Hennache, de l’Organisation des producteurs du Sud, a indiqué que la région avait assuré son soutien à la filière. Mais les marins attendent surtout le rendez-vous prévu jeudi avec la ministre de la Pêche à Paris. Ange Natoli, patron-pêcheur à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône, résume l’état d’esprit. Il s’agit de montrer qu’ils ne lâchent pas la pression, et ce qui sera dit lors de cette rencontre déterminera la suite du mouvement, prévient-il.

Le bras de fer ne se limite pas à l’Hérault. À Port-La-Nouvelle, dans l’Aude, le port est bloqué depuis la nuit de mardi. La veille, des pêcheurs avaient déjà paralysé pendant plusieurs heures un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, avant que les CRS ne lèvent le blocage. À Sète, ils avaient empêché le départ d’un navire de la Corsica Ferries. Sur les banderoles déployées, on pouvait lire « L’Europe nous tue » ou encore « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ».

Le rapport de force dépasse la seule question du carburant. La France reste le deuxième producteur européen de produits de la pêche derrière l’Espagne, avec 477.000 tonnes de poissons et crustacés sortis de l’eau en 2024, un volume quasi stable par rapport à 2023. Un poids économique bien réel, que les marins jugent pourtant de moins en moins rémunérateur. Le mouvement a été lancé par les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Paca et de Corse, les trois organisations de producteurs de Méditerranée et des syndicats de marins. La balle est désormais dans le camp du gouvernement.

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