Monde
L’UNRWA coincée entre le scrutin israélien et un manque de 100 millions de dollars
A l’approche des législatives israéliennes, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonce un étouffement orchestré par le gouvernement…

A l’approche des législatives israéliennes, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonce un étouffement orchestré par le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Son dirigeant prévient que sans 100 millions de dollars d’ici deux mois, il devra réduire les services rendus aux réfugiés.
A quelques semaines des élections législatives israéliennes, prévues à la fin octobre, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens se sent visée. Son dirigeant, Christian Saunders, estime que le calendrier électoral compte pour beaucoup dans les obstacles que traverse l’organisation. Il décrit un gouvernement pressé d’appliquer les mesures de son programme avant que les électeurs ne se prononcent. Benjamin Netanyahu, à la tête de l’exécutif le plus à droite de l’histoire d’Israël, joue cette campagne serrée sur le terrain de la sécurité.
Sur le terrain, à Gaza, l’acheminement de l’aide pose un problème criant. Israël se montre « extrêmement réticent » à laisser entrer des produits essentiels, notamment le carburant dont les opérations de secours ont besoin. Dans le même temps, des marchandises de confort franchissent la frontière. D’après Saunders, environ 30% de ce qui arrive relève de l’aide humanitaire, le reste relevant du commerce. Il s’agace de voir des « produits de luxe » dans le lot. « On n’a pas besoin de Nutella pour survivre ! », lance-t-il.
L’argent vient également à manquer. Le patron de l’agence prévient que si un déficit de 100 millions de dollars n’est pas comblé dans les deux mois, il devra revoir à la baisse les services destinés aux réfugiés. Des coupes sont déjà en place, avec une semaine de travail ramenée à 80% et des salaires réduits d’un cinquième. Un régime que l’organisation ne pourra pas tenir éternellement, admet-il.
Les rapports entre Israël et l’UNRWA sont tendus de longue date. L’Etat hébreu reproche à l’agence de couvrir des membres du Hamas et affirme que certains de ses employés ont participé à l’attaque du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Plusieurs enquêtes internationales ont bien pointé des « problèmes liés à la neutralité » au sein de l’organisation, tout en soulignant qu’Israël n’avait pas fourni de preuves pour appuyer ses accusations. Une loi entrée en vigueur en janvier 2025 met fin à toute relation entre l’Etat et l’agence et lui interdit d’exercer sur le territoire israélien.
Le mois dernier, la police israélienne a évacué un centre de formation professionnelle tenu par l’UNRWA à Jérusalem-Est. L’agence avait alors condamné une « incursion non autorisée et profondément préoccupante ». Ouvert en 1952, ce centre formait chaque année quelque 340 Palestiniens de Cisjordanie occupée. Israël a occupé Jérusalem-Est en 1967 avant de l’annexer, une décision que la communauté internationale ne reconnaît pas.
L’histoire ne s’arrête pas là. En janvier, des bâtiments du siège de l’agence situés dans la même ville ont été détruits, un an après leur évacuation. Saunders refuse pourtant de baisser les bras. « Cela fait 76 ans que nous faisons cela. Nous trouverons d’autres moyens d’offrir à ces jeunes la formation nécessaire », assure-t-il.
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