Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Au Yémen, les Houthis brandissent la menace d’attaques contre les intérêts américains

Washington n’a rien à gagner à s’engager aux côtés de Ryad, prévient un responsable militaire houthi. Le bras de fer se joue sur fond de guerre relancée…

Article

le

Au Yémen, les Houthis brandissent la menace d'attaques contre les intérêts américains

Washington n’a rien à gagner à s’engager aux côtés de Ryad, prévient un responsable militaire houthi. Le bras de fer se joue sur fond de guerre relancée depuis l’été et de mainmise sur le détroit de Bab el-Mandeb.

Depuis Sanaa, la capitale qu’ils contrôlent, les Houthis ont posé leurs conditions. Un conseiller du ministre chargé de la Défense du gouvernement autoproclamé, Abed Mohammed al-Thawr, l’affirme sans détour. Si les Etats-Unis « osaient soutenir l’Arabie saoudite », jusqu’à fournir un appui aérien, « nous considérerions tous les intérêts américains autour de nous comme des cibles », prévient-il. Et toute intervention américaine dans le détroit de Bab el-Mandeb constitue, à ses yeux, une « ligne rouge ».

Cette mise en garde tombe au moment où Ryad réclame depuis des mois le coup de main de son allié américain pour contenir l’avancée des combattants houthis. Sans résultat jusqu’ici. Le président américain Donald Trump a de son côté assuré que les Houthis avaient accepté de ne pas s’en prendre aux Etats-Unis, une version difficile à concilier avec les déclarations de leurs responsables.

Sur le terrain, le rapport de force a bougé. Les forces houthies ont pris le contrôle de la totalité du littoral ouest du Yémen, sur la mer Rouge, et renforcent leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, ce passage stratégique qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez. Le conseiller militaire assure aussi que les Houthis et l’Iran forment « un seul bloc ». Téhéran dément toute implication dans la guerre yéménite et son porte-parole de la diplomatie, Esmaïl Baghaï, a décrit les Houthis comme « des acteurs totalement indépendants » qui décident selon leurs propres intérêts.

Les combats ont repris en juillet après des années d’accalmie. Depuis l’offensive lancée début septembre, l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement installé à Aden et reconnu sur le plan international, multiplie les frappes sur les zones tenues par les Houthis sans parvenir à les faire reculer. Ces derniers ont riposté en visant le royaume à plusieurs reprises, y compris la capitale Ryad. Ils imposent aussi un blocus maritime aux navires saoudiens, ce qui pèse lourdement sur le premier exportateur mondial de brut, déjà éprouvé par les restrictions imposées par Téhéran à la navigation dans le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule Arabique.

Le bilan humain, lui, s’alourdit de semaine en semaine. Plusieurs centaines de personnes ont été tuées depuis le début septembre, parmi lesquelles environ 750 combattants et des dizaines de civils, fauchés en majorité par des bombardements. Les frappes continuent et ont encore coûté la vie à dix civils, une dizaine d’autres étant blessées dans les provinces de Taëz et d’Al-Jawf.

Plus de 130 000 personnes ont quitté leur foyer depuis le début septembre, et l’agence des Nations unies pour les réfugiés s’attend à de nouveaux déplacements massifs dans les mois à venir. Le conflit, lui, s’étire depuis longtemps. Il a éclaté en 2014, quand les Houthis se sont emparés de Sanaa puis de vastes régions du pays, provoquant en 2015 l’intervention d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite. Une trêve avait tenu à partir de 2022. Sa rupture, l’été dernier, s’inscrit dans le sillage du conflit régional ouvert en février par l’offensive israélo-américaine en Iran.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus