Monde
Washington coupe les ailes à l’Iran et les aéroports ferment un à un
Les sanctions américaines contre le secteur aérien iranien entrent en vigueur ce mercredi, avec déjà des vols annulés à Bagdad et à Mascate. Téhéran…


Les sanctions américaines contre le secteur aérien iranien entrent en vigueur ce mercredi, avec déjà des vols annulés à Bagdad et à Mascate. Téhéran cherche des pistes de repli, mais l’Irak devrait se plier aux exigences américaines.
L’étau se resserre encore sur les compagnies aériennes iraniennes. Le Trésor américain l’a annoncé en début de semaine, les appareils iraniens doivent être mis à l’arrêt, et la menace vaut désormais pour tous ceux qui garderaient des liens avec ce secteur, placé sur liste noire depuis le début du mois de septembre. Les nouvelles mesures devaient prendre effet ce mercredi. Les premières annulations de vols, elles, sont déjà une réalité. Reste à savoir jusqu’où ira le blocage, tant son ampleur demeure difficile à évaluer.
Bagdad a ouvert le bal. L’aéroport de la capitale irakienne a cessé d’accueillir les appareils venant d’Iran. Côté iranien, on espère rediriger ces liaisons vers Najaf, ville sainte du centre de l’Irak où les pèlerins se rendent en nombre. Le gouvernement irakien n’a pas encore affiché de position officielle, mais plusieurs responsables, dont un haut cadre de l’exécutif, laissent entendre que le pays se conformera à l’interdiction américaine. Pour les autorités iraniennes, la décision vient plutôt d’une société britannique qui exploite l’aéroport et qui a imposé cette restriction ainsi que l’annulation des vols.
Mascate non plus ne reçoit plus d’avions iraniens, et des discussions se poursuivaient avec les autorités d’Oman. Ailleurs, le trafic se maintient, notamment vers Istanbul. Iran Air assure n’avoir reçu aucune instruction officielle de la Turquie, de l’Azerbaïdjan ou de l’Irak lui demandant de suspendre ses dessertes vers Istanbul, Bakou et Najaf. Sur le terrain, la réalité raconte autre chose. Depuis le début de la semaine, la Géorgie ferme son territoire aux vols iraniens, et la compagnie privée Mahan Air a suspendu tous ses vols vers la Turquie, à la demande des autorités turques.
Ce tour de vis s’ajoute à des années de restrictions. L’Iran compte 27 compagnies aériennes, majoritairement tournées vers le trafic intérieur. Iran Air et Mahan Air sont les deux principales à desservir l’étranger, surtout les pays voisins, mais aussi la Russie et la Chine. Pékin a fait savoir qu’il rejetait des sanctions unilatérales jugées illégales. La guerre déclenchée au Moyen-Orient après les frappes israéliennes et américaines contre l’Iran fin février avait déjà cloué au sol l’ensemble de l’espace aérien iranien. Le trafic a repris en partie depuis, mais seules les compagnies iraniennes peuvent encore quitter le pays.
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