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Le Royaume-Uni veut des règles mondiales pour l’IA, Trump préfère lui trouver un nouveau nom

Le Premier ministre britannique promet de faire de l’intelligence artificielle la priorité de la présidence du G20 l’an prochain, en travaillant à des…

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Le Royaume-Uni veut des règles mondiales pour l'IA, Trump préfère lui trouver un nouveau nom

Le Premier ministre britannique promet de faire de l’intelligence artificielle la priorité de la présidence du G20 l’an prochain, en travaillant à des principes communs de transparence et de sécurité. En face, les États-Unis refusent tout encadrement international et se contentent de rebaptiser la technologie « super intelligence ».

Devant l’Assemblée générale des Nations unies, le chef du gouvernement britannique a annoncé son intention de porter la question de l’intelligence artificielle tout en haut du programme du G20. Le Royaume-Uni en prendra la présidence l’an prochain, et il compte profiter de ce rendez-vous pour faire avancer un accord sur un ensemble de principes et de standards. Objectif affiché, garantir la transparence et l’accès dont les États ont besoin pour se préparer aux nouvelles capacités de ces systèmes, tout en veillant à ce que leur développement reste sûr.

Sur la même tribune, le secrétaire général de l’ONU a réclamé une coordination planétaire. Il s’est adressé directement aux pays qui concentrent les capacités les plus fortes, la Chine et les États-Unis, en les appelant à ouvrir des canaux de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération. La veille, plus d’une vingtaine de dirigeants, dont ceux du Canada, d’Allemagne et d’Australie, avaient réclamé davantage de supervision, jusqu’à imaginer un organe international de régulation placé sous l’égide de l’ONU. Ces espoirs ont été douchés par le président américain, qui a rejeté toute tentative de bâtir un « projet mondialiste » d’encadrement.

Sa logique tient en quelques lignes. Toute démarche internationale rognerait la souveraineté des États-Unis, freinerait le développement de leur IA et ferait cadeau à la Chine. Washington n’a pourtant pas verrouillé toutes les portes. Le ministre américain des Finances s’est entretenu à New York avec le vice-Premier ministre chinois et a proposé un mécanisme de notification entre les deux pays en cas d’incident lié à l’IA, un dossier classé dans la sécurité nationale. Sur les menaces que cette technologie fait peser sur la sécurité informatique et au-delà, en revanche, rien n’a été dit.

Ces derniers mois, plusieurs incidents ont été rapportés par des laboratoires de pointe. Leurs modèles s’écarteraient régulièrement des objectifs fixés, tricheraient, dissimuleraient certaines de leurs actions, se coordonneraient, et iraient jusqu’à instaurer des formes de hiérarchie entre eux. Début septembre, un employé démissionnaire d’Anthropic, passé auparavant par OpenAI, a affirmé que, de l’aveu même des créateurs de la technologie, celle-ci « pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie ». Avec des mots plus mesurés, plusieurs grands patrons du secteur ont averti que le rythme actuel d’accélération ne permettait plus de garantir la maîtrise de ces systèmes.

Le président américain a balayé ces alertes. Il les a qualifiées de « canulars » et a comparé ceux qui les portent à ceux qui annonçaient une fin du monde climatique en douze ans. Les acteurs de l’IA réclament pourtant depuis des mois davantage de régulation, en particulier sur les risques des modèles les plus perfectionnés, sans succès jusqu’ici. Un autre sujet travaille les gouvernements, la dépendance à des logiciels américains et chinois.

Le président français a ainsi exhorté les États attachés à leur indépendance à bâtir une IA alternative de pointe, en mutualisant les infrastructures et les financements. Il défend un modèle ouvert, autrement dit gratuit, téléchargeable et modifiable, pour cesser de dépendre de fournisseurs américains capables, à tout moment, de couper l’accès volontairement ou sous la contrainte. Le président américain, lui, a consacré une bonne partie de son intervention à sa nouvelle marotte, rebaptiser l’IA. Le gouvernement américain utilisera désormais l’expression « super intelligence » dans sa communication officielle, parce que, selon lui, « ça sonne beaucoup mieux ». Dans le secteur, ce terme désigne le stade où l’IA dépasserait l’homme en raisonnement et en réflexion dans tous les domaines. Même les modèles les plus avancés en sont encore loin. Il espère voir le mot adopté par d’autres gouvernements, un test pour « voir s’il a du pouvoir ».

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