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Santa Marta sous haute tension, l’armée déployée après une offensive meurtrière

La ville caribéenne de Santa Marta s’est réveillée barricadée et inquiète après la mort de treize membres d’un groupe armé lors d’une opération des forces…

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Santa Marta sous haute tension, l'armée déployée après une offensive meurtrière

La ville caribéenne de Santa Marta s’est réveillée barricadée et inquiète après la mort de treize membres d’un groupe armé lors d’une opération des forces de sécurité. Le président Abelardo de la Espriella a ordonné la militarisation de la cité et prévenu que les récalcitrants seraient éliminés.

Les rues de Santa Marta sont restées presque vides mardi. Dans plusieurs quartiers de cette ville de près de 570 000 habitants, posée sur la côte caraïbe de la Colombie, les commerçants ont gardé le rideau baissé et une simple rumeur a suffi à dissuader les habitants de sortir. La veille, les forces de sécurité avaient lancé une opération contre les Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada, un groupe armé hérité du monde paramilitaire qui vit du contrôle des routes de la cocaïne et de l’extorsion. Bilan, treize morts, dont l’un de ses chefs.

Sur place, les traces de la nuit restaient bien visibles. Un poids lourd achevait de brûler sur une route, entouré de pompiers mobilisés pour éteindre l’incendie, et la carcasse d’un bus calciné gisait dans un autre secteur de la ville. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, où l’on voyait des hommes armés parcourir les artères à moto et ouvrir le feu sur des commerces encore ouverts.

Face à ce débordement, Abelardo de la Espriella a choisi la manière forte. Dans une allocution vidéo, le chef de l’État a assuré que ces délinquants entendaient incendier une large partie de la région Caraïbe, en commençant par Santa Marta, où ils ont menacé des commerçants, des habitants et des transporteurs. Il a annoncé avoir ordonné que la ville soit militarisée, avant d’avertir que celui qui ne se soumettrait pas serait éliminé.

Le dispositif a été renforcé dans la journée. La police a déployé des unités anti-extorsion et des forces spéciales dans les zones commerçantes, tandis que des militaires ont pris position le long de la route qui relie Santa Marta au département de La Guajira, frontalier avec le Venezuela.

L’enjeu dépasse largement les limites de la ville. Santa Marta attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs, venus chercher ses plages, et sert de porte d’entrée à des sites majeurs comme le parc national Tayrona, une forêt sèche cernée d’eaux cristallines, ou la Sierra Nevada de Santa Marta, ces hautes montagnes plongeant dans la mer et considérées comme sacrées par les peuples autochtones de la région. Pour ceux qui y vivent, la suite reste floue. « On ressent la tension, le fait de ne pas savoir ce qui va se passer demain, beaucoup d’incertitude », confie une scientifique installée dans la ville, qui préfère taire son nom.

Abelardo de la Espriella, ancien avocat millionnaire soutenu par l’administration Trump, dirige le pays depuis août. Cet homme de droite dure a promis d’écraser les groupes armés qui prospèrent sur le trafic de cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial. Il a déjà ordonné des frappes aériennes contre des camps de guérilla dans plusieurs régions, causant des dizaines de morts, dont des mineurs, et s’est affiché lors de conférences de presse aux côtés des sacs mortuaires contenant les corps de guérilleros abattus par l’armée.

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