Monde
Devant l’ONU, Trump mise sur la force et tourne le dos aux règles communes
Le président américain a défendu une Amérique affranchie des règles internationales, appelant à abandonner la Cour pénale internationale et refusant toute…

Le président américain a défendu une Amérique affranchie des règles internationales, appelant à abandonner la Cour pénale internationale et refusant toute régulation mondiale de l’intelligence artificielle. Face à lui, Emmanuel Macron et Antonio Guterres ont plaidé pour un droit international encore debout, au nom d’une société mondiale civilisée.
Devant les dirigeants réunis à New York, Donald Trump a dessiné une Amérique qui n’accepte plus de comptes à rendre. Il a prévenu que son pays ne participerait pas à une régulation mondiale de l’intelligence artificielle et invité les États à quitter la Cour pénale internationale, ce tribunal né pour juger les crimes de guerre. Son message tient en peu de mots. La puissance militaire d’abord, les traités ensuite.
Il s’est aussi réjoui du contrôle américain sur le pétrole vénézuélien, après le renversement du pouvoir en place dans ce pays. Sur l’Iran, il a menacé d’anéantir la République islamique tout en laissant entendre qu’un accord restait envisageable après les élections législatives américaines de novembre.
Fait rare, le président américain est resté collé à son prompteur et a adopté un ton plus mesuré que l’année précédente dans la même enceinte. Le contexte pèse. Il s’enlise dans son bras de fer avec Téhéran, reste très impopulaire auprès des Américains et s’attend à des élections difficiles.
En face, Emmanuel Macron a livré un plaidoyer pour l’institution, qu’il présente comme la gardienne d’une société internationale civilisée. Il a appelé à se tenir droit aux côtés des Nations unies et dit craindre un retour de la loi de la jungle. Pour son dernier discours de président à cette tribune, il a rendu hommage au secrétaire général sortant, âgé de 77 ans, avant de conclure par un vibrant « vive les Nations unies », chaudement applaudi. Avant lui, Antonio Guterres, en fin de mandat, avait réclamé le respect des principes du droit international et une coopération entre grandes puissances sur l’intelligence artificielle.
Juste après son discours, Donald Trump a signé avec le Danemark un accord sur le Groenland. Le texte met fin à une crise majeure avec les Européens, déclenchée après sa menace de rattacher purement et simplement ce territoire autonome danois aux États-Unis. Il prévoit la construction de deux nouvelles bases militaires américaines dans le sud et l’est du territoire. Il reconnaît la souveraineté de Copenhague ainsi que le droit des Groenlandais à disposer d’eux-mêmes. Un accord « formidable pour tout le monde », s’est félicité le président américain.
Sur l’intelligence artificielle, le secrétaire général s’est adressé en particulier aux nations qui disposent des plus grandes capacités, autrement dit la Chine et les États-Unis. Il leur a demandé d’établir des canaux de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération. Emmanuel Macron a exhorté de son côté tous les États attachés à leur indépendance à bâtir une intelligence artificielle alternative, pour ne dépendre ni de Washington ni de Pékin. Donald Trump reste réticent à toute supervision internationale, mais son ministre des Finances a proposé à la Chine un mécanisme de notification entre les deux pays en cas d’incident.
Volodymyr Zelensky, présent à New York où il a rencontré le président américain, a assuré que leurs deux pays souhaitaient voir s’arrêter la guerre contre la Russie avant l’hiver. Le conflit, lui, ne montre pour l’instant aucun signe d’accalmie. Le dirigeant ukrainien a redit son besoin vital de systèmes de missiles Patriot, fabriqués aux États-Unis, les seuls capables d’intercepter les engins russes volant à grande vitesse.
À propos du conflit israélo-palestinien, Antonio Guterres a estimé que les violences, les déplacements de population et l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée faisaient planer le spectre d’un nettoyage ethnique. Il a insisté sur un point, la solution à deux États ne doit pas disparaître sous nos yeux, alors que cette perspective s’éloigne chaque jour un peu plus. Emmanuel Macron a évoqué un spectacle qui nous fait honte, en parlant de la Cisjordanie occupée et de Gaza. Le Premier ministre israélien, attendu à l’ONU, a dénoncé l’absurdité grotesque des propos du président français.
Le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a profité de la tribune pour lancer ses mises en garde, alors que plane la crainte d’une ingérence étrangère dans la campagne qui l’oppose au candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro, proche de la sphère trumpiste. Il a vanté un système électoral moderne et solide, jurant d’empêcher les ennemis de la démocratie, qu’ils soient nationaux ou étrangers, de porter atteinte à la volonté populaire.
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