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L’Indonésie débordée par des incendies qui étouffent l’Asie du Sud-Est

Malgré le déploiement de 64 appareils et de 54 000 personnes, les feux qui ravagent Sumatra et Bornéo continuent de se propager. Leurs fumées toxiques…

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L'Indonésie débordée par des incendies qui étouffent l'Asie du Sud-Est

Malgré le déploiement de 64 appareils et de 54 000 personnes, les feux qui ravagent Sumatra et Bornéo continuent de se propager. Leurs fumées toxiques gagnent plusieurs pays voisins, poussant la Malaisie à tenter de déclencher des pluies.

Les flammes ne faiblissent pas. Depuis plusieurs semaines, des incendies brûlent des pans entiers de Sumatra et de Bornéo, en Indonésie. Les autorités l’admettent, les moyens engagés ne suffisent pas à venir à bout de ces foyers qui embrasent forêts et tourbières. Et la fumée, elle, ne connaît pas les frontières. Elle a déjà gagné la Malaisie, Singapour, les Philippines et même le Vietnam, plongeant des millions d’habitants dans un brouillard toxique.

En Malaisie, la situation devient préoccupante. La capitale, Kuala Lumpur, a de nouveau enregistré des niveaux de pollution dangereux pour la santé. Les habitants décrivent des difficultés à respirer, des maux de tête, des yeux qui piquent. Pour y répondre, le service météorologique a lancé des opérations d’ensemencement des nuages dans trois États du sud du pays. Objectif, faire tomber de la pluie capable de dissiper ce brouillard et de préserver les réserves en eau.

Côté indonésien, le gouvernement assure mettre tout en œuvre. Depuis août, 64 appareils et 54 000 personnes ont été mobilisés pour larguer de l’eau sur les flammes, protéger les populations et limiter les dégâts. Mais le secrétaire du Conseil des ministres, Teddy Indra Wijaya, reconnaît que l’immensité du territoire complique sérieusement la tâche. Dans le Kalimantan occidental, l’une des provinces les plus touchées de Bornéo, les équipes font face à des tourbières dont les foyers se déplacent sans cesse et à un manque d’eau.

Les conséquences pour les habitants sont lourdes. Fin août, l’air devenu irrespirable à Bornéo a contraint le gouvernement à fermer des écoles, obligeant plus d’un demi-million d’élèves à rester chez eux. Dans cette province, les infections des voies respiratoires ont dépassé les 70 000 cas ces derniers mois.

Ces incendies ne sont pas une nouveauté. Chaque saison sèche, entre juillet et octobre, l’Indonésie les voit se multiplier. Mais cette année, un épisode marqué d’El Niño les rend plus violents encore. Les Nations unies s’attendent même à ce qu’il soit le plus puissant enregistré depuis quarante ans. Les chiffres des surfaces brûlées varient selon les estimations. Le gouvernement évoque plus de 202 000 hectares entre janvier et juillet. L’Atlas Nusantara, une plateforme qui documente les feux, avance 300 000 hectares pour la même période, et près de 896 000 en incluant le mois d’août.

Au-delà du climat, des décennies de dégradation des forêts et les pratiques de défrichement par brûlis ont affaibli des paysages autrefois capables de résister au feu. Face à ce qu’ils considèrent comme une catastrophe annuelle et des manquements dans la prévention, des groupes d’habitants autochtones et des organisations de la société civile ont intenté une action collective contre les autorités. Sur le terrain, l’aide s’organise. Le Japon a envoyé plus de 350 militaires, et la Malaisie a annoncé l’envoi d’un avion, d’hélicoptères et de dizaines de pompiers.

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