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Le proxénétisme étend son emprise au monde virtuel

Les députés ont adopté en commission une mesure classant les actes sexuels rémunérés à distance dans le champ du proxénétisme, avec des plateformes comme…

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Le proxénétisme étend son emprise au monde virtuel

Les députés ont adopté en commission une mesure classant les actes sexuels rémunérés à distance dans le champ du proxénétisme, avec des plateformes comme Onlyfans ou Mym en ligne de mire. Le texte divise, entre volonté de protéger les plus jeunes et crainte de pousser les travailleurs du sexe vers des pratiques plus dangereuses.

Réunis en commission, les députés ont validé un article d’une vaste proposition de loi contre les violences sexuelles. L’idée est simple. Faire entrer les actes sexuels payants réalisés à distance dans le champ du proxénétisme. Concrètement, les sites qui jouent les intermédiaires, à l’image d’Onlyfans ou de Mym, seraient directement concernés. Mais ils ne sont pas les seuls à être visés. Le texte crée aussi un délit qui s’attaque aux clients eux-mêmes, en punissant l’achat de telles prestations à distance.

Ces plateformes spécialisées dans le contenu sexuel rémunéré se sont largement déployées ces dernières années, surtout auprès des jeunes. C’est exactement ce qui préoccupe une partie des élus. Pour la corapporteure Isabelle Rauch, du groupe Horizons, acheter un acte sexuel en ligne constitue la première porte d’entrée vers le proxénétisme physique. Elle décrit un univers virtuel sans repères, où rien ne permet aujourd’hui de protéger les jeunes filles et les jeunes hommes qui s’y engagent.

Cette position est loin de faire l’unanimité. Sarah Legrain, députée LFI, s’est faite la porte-voix de travailleurs du sexe qui affirment se sentir bien plus en sécurité derrière un écran qu’en contact physique avec un client. À ses yeux, faire fermer ces sites revient à les pousser vers des espaces non régulés, où ils finiront exploités. Elle insiste aussi sur une différence de nature entre se caresser les pieds face à une caméra et une pénétration sexuelle contre de l’argent. Zoé Faucher, utilisatrice de MYM et porte-parole d’un collectif de travailleuses du sexe en ligne, partage cette inquiétude. Elle juge l’article contre-productif, persuadée qu’il contraindra les intéressés à migrer vers des plateformes bien moins suivies et bien moins protectrices de leurs droits.

Le texte ne s’arrête pas là. Les députés ont également durci la réponse face au revenge porn, cette diffusion d’images intimes souvent orchestrée après une rupture. Une règle nouvelle voit le jour. Donner son accord à la création ou à l’envoi d’un contenu intime ne revient en aucun cas à donner son accord à sa diffusion. Les peines grimpent à trois ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende en cas de diffusion non consentie. Quand celle-ci passe par internet, elles atteignent cinq ans de prison et 100.000 euros d’amende.

Vient ensuite le dossier des deepfakes à caractère sexuel, dont la progression suit celle de l’intelligence artificielle. La corapporteure Emilie Bonnivard, du groupe LR, rappelle que quelques clics suffisent pour fabriquer un deepfake sans l’accord de la personne représentée. Elle avance des chiffres éloquents. On en recensait 500.000 en 2023, contre 8 millions en 2025. Et d’après elle, 98% de ces contenus sont pornographiques. Les députés ont donc choisi de sanctionner non seulement la diffusion, mais aussi la simple création de ces contenus sexuels produits sans consentement. Une sanction spécifique a été prévue lorsque la personne représentée est mineure. L’IA est de plus en plus mobilisée par les pédocriminels, et la députée la qualifie d’arme massive contre les enfants. Elle pointe aussi une montée des comportements addictifs chez ces derniers, avec un risque accru de passage à l’acte.

Dernier volet adopté, un amendement défendu par Frédéric Valletoux, du groupe Horizons. Il vise à réprimer les images pornographiques montrant des mineurs, y compris lorsque le tournage a mobilisé des acteurs majeurs dont l’apparence suggère la minorité. Sont aussi ciblés les contenus mettant en scène des viols incestueux. Le député dénonce des vidéos largement proposées en ligne, qui véhiculent des fantasmes dangereux, en particulier auprès de la jeunesse.

Cette proposition de loi fleuve poursuit désormais sa route. Après son passage en commission, elle doit arriver dans l’hémicycle le 1er octobre. Plusieurs de ses articles sont consacrés à la réponse pénale face aux violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales.

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