Culture
Des coupes sur mesure pour le spectacle vivant, la promesse fragile de Catherine Pégard
La ministre de la Culture prévient que les crédits 2027 seront en baisse pour les théâtres et opéras publics, mais jure de les épargner dossier par…

La ministre de la Culture prévient que les crédits 2027 seront en baisse pour les théâtres et opéras publics, mais jure de les épargner dossier par dossier. Une équation délicate, dans un secteur déjà épuisé par des années de restrictions.
Le budget 2027 du ministère de la Culture se soldera par moins d’argent pour les structures du spectacle vivant public. Catherine Pégard l’assume sans détour, tout en posant une condition à cette rigueur. La baisse se fera structure par structure, sans plan uniforme. Le contexte n’a rien de confortable, puisque le Premier ministre a demandé un effort budgétaire global de 54 milliards d’euros. La ministre parle de contraintes fortes et inédites.
Sa méthode tient en une idée simple. Couper partout de la même façon serait une erreur. Supprimer un montant fixe pour le spectacle vivant d’un côté, pour le patrimoine de l’autre, elle n’y croit pas. Elle préfère négocier avec les établissements touchés, un par un, pour trouver où l’argent peut manquer sans que la vie culturelle du pays se brise. À ceux qui lui demandent s’ils peuvent dormir tranquilles, elle répond par une vérité inconfortable. Oui, il y aura des crédits en moins. Non, ces économies ne doivent pas fragiliser les maisons concernées. C’est là, dit-elle, tout son objectif.
Concrètement, le travail a déjà commencé. Les directeurs des grandes scènes parisiennes et des opéras ont été reçus. Avec eux, la question posée n’est pas de savoir quoi supprimer, mais quoi repousser. Certains investissements peuvent attendre, certains chantiers aussi. Ce qui doit tenir, c’est la production, décrite comme le tissu vital des théâtres et des télévisions. La ministre résume sa position en une phrase, elle veut tout préserver.
Le décor est d’autant plus tendu que le spectacle vivant sort d’années difficiles. L’État et les collectivités territoriales ont multiplié les coupes. Juste avant l’ouverture du Festival d’Avignon, à l’été, une annonce de gel de subventions promises a secoué tout le milieu, avant que le gouvernement ne finisse par libérer les fonds. Autrement dit, la défiance est installée, et chaque nouvelle annonce budgétaire ravive les inquiétudes.
L’audiovisuel public n’est pas épargné. France Télévisions devra trouver 90 millions d’euros d’économies en 2027, en partie à cause de la baisse des dotations de l’État, comme l’a indiqué la présidente du groupe Delphine Ernotte Cunci. Là encore, la ministre promet de se battre sur deux fronts, l’information et la production, pour qu’elles soient le moins possible touchées. Reste à voir si ces intentions résisteront au passage du budget dans le réel.
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