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Le logement social monte au créneau pour peser sur 2027

Les bailleurs sociaux ouvrent leur congrès annuel à Bordeaux avec une idée en tête, installer le logement au cœur de la présidentielle de 2027. Ils…

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Le logement social monte au créneau pour peser sur 2027

Les bailleurs sociaux ouvrent leur congrès annuel à Bordeaux avec une idée en tête, installer le logement au cœur de la présidentielle de 2027. Ils réclament des engagements clairs à tous les candidats, alors que 2,9 millions de ménages attendent encore un logement HLM.

C’est un rendez-vous que le mouvement HLM veut transformer en tribune politique. Du mardi au jeudi, l’Union sociale pour l’habitat tient son congrès à Bordeaux sous l’intitulé « Habiter 2032, pour un quinquennat utile ». Sa présidente, Emmanuelle Cosse, l’assume sans détour, le logement doit devenir un sujet de campagne. « C’est très important qu’on arrive à mettre le logement au cœur de la campagne », a-t-elle lancé devant la presse. Le rendez-vous ne se limite pas à l’horizon 2027. Il doit aussi ausculter les grandes transformations à l’œuvre, de l’adaptation au changement climatique au vivre ensemble, en passant par le développement économique des territoires ou le logement des jeunes. Une ambition que partage le directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, qui écoutera de près ce que les acteurs du monde HLM disent des propositions de la candidate du Rassemblement national.

Marine Le Pen a dévoilé le 13 septembre une série de mesures qui a fait bondir le secteur. Elle veut réserver la priorité aux Français pour l’attribution des logements HLM et des aides personnalisées au logement, abroger la loi SRU et ses quotas de logements sociaux, lever les contraintes liées aux diagnostics de performance énergétique et mettre fin à MaPrimeRénov’. La réponse d’Emmanuelle Cosse a été cinglante. Ce programme est « à côté de la plaque » et « à côté des réalités des Français ». L’ancienne ministre écologiste du Logement va plus loin. À l’en croire, ces propositions parlent « très peu de logement » et se contentent d’exploiter la crise actuelle en désignant un bouc émissaire, les immigrés, alimentant ainsi « une lubie xénophobe et d’extrême droite ». La candidate du RN promet pourtant de faire du logement « un des grands chantiers » de son quinquennat. Chez les autres prétendants, le sujet reste pour l’instant discret. Emmanuelle Cosse appelle donc « l’ensemble des candidats à la présidentielle » à se pencher sur la question et à prendre position.

Les chiffres donnent la mesure du problème. Au 30 juin dernier, 2,9 millions de ménages patientaient pour obtenir un logement social. Depuis 2013, le nombre de demandeurs a grimpé de plus de 60 %, quand la population française ne progressait que de 4,6 % sur la même période. En parallèle, le parc HLM s’est étoffé de 700 000 logements depuis 2012, mais les attributions à un nouveau foyer ont nettement reculé en dix ans, avec 394 000 ménages qui ont reçu les clefs d’un logement HLM en 2025. La présidente de l’USH pointe du doigt l’assèchement du parc locatif privé, qui « a renforcé la demande HLM ». Et rappelle un chiffre qui parle à tout le monde. Les dépenses de logement constituent le premier poste de dépense des Français, avec 28 % de leur budget, selon les statistiques officielles. Le sujet touche donc directement au pouvoir d’achat, à la possibilité de vivre dignement et à la manière de faire société.

L’USH ne compte pas s’arrêter à Bordeaux. Une série d’événements en région doit « courir jusqu’à la présidentielle » et se conclure le 9 mars par une audition des candidats sur le logement. Le mouvement veut aussi se faire entendre sur le budget de l’État pour 2027 et obtenir une nouvelle baisse du prélèvement opéré sur les recettes des bailleurs. Dans la loi de finances de 2026, la réduction de loyer de solidarité a déjà été revue à la baisse, passant de 1,3 milliard d’euros en 2024 à 1,1 milliard en 2025, puis 900 millions en 2026. Pour la confédération, diminuer encore cette RLS redonnerait aux organismes HLM les moyens financiers de construire davantage tout en rénovant leur patrimoine existant, notamment pour l’adapter aux fortes chaleurs, un chantier estimé à 8,6 milliards d’euros au minimum. Autre dossier dans le viseur, le projet de loi Relance logement, qui prévoit le lancement d’un troisième programme de renouvellement urbain.

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