Culture
« Widow’s Bay » pulvérise le record des Emmy Awards avec 14 trophées
La série d’épouvante d’Apple TV repart avec quatorze statuettes et devient la comédie la plus récompensée de l’histoire des Emmy Awards. La soirée a aussi…


La série d’épouvante d’Apple TV repart avec quatorze statuettes et devient la comédie la plus récompensée de l’histoire des Emmy Awards. La soirée a aussi consacré « The Pitt », Jean Smart et la nouvelle création de Vince Gilligan.
Quatorze statuettes en une seule soirée. La comédie d’épouvante « Widow’s Bay » a dominé de bout en bout la cérémonie des Emmy Awards, l’équivalent des Oscars pour la télévision américaine, en décrochant le titre de meilleure comédie. Le feuilleton d’Apple TV suit un maire de Nouvelle-Angleterre bien décidé à relancer le tourisme sur son île, réputée hantée. Un point de départ improbable, qui a visiblement trouvé son public et surtout convaincu les votants.
Le compteur final parle de lui-même. Avec ces quatorze récompenses, la série efface le record jusque-là détenu par « The Studio », qui en avait obtenu treize. Sa créatrice Katie Dippold a été distinguée pour son scénario et Hiro Murai pour sa réalisation, tandis que les seconds rôles Kate O’Flynn et Stephen Root étaient également sacrés. Matthew Rhys, qui campe ce maire fantasque au centre de l’intrigue, a lui aussi été élu meilleur acteur, une statuette qui s’ajoute à celle obtenue pour son rôle dans la mini-série « The Beast in Me ». « Tout cela est uniquement dû à l’esprit dépravé et tordu de Katie Dippold », a-t-il lancé, ajoutant que le génie de la scénariste se niche « dans les recoins de son cerveau dérangé ».
« Hacks » partait pourtant favorite, avec vingt-quatre nominations au compteur. La dernière saison de la comédie de HBO Max a finalement dû se contenter d’un seul grand prix, mais pas des moindres. Jean Smart, qui incarne une gloire vieillissante du stand-up contrainte de s’associer à une jeune scénariste pour relancer sa carrière, a décroché son cinquième Emmy consécutif de meilleure actrice. À 75 ans, elle porte son total personnel à huit statuettes et rejoint le cercle très fermé des interprètes les plus primés, aux côtés de Julia Louis-Dreyfus, Cloris Leachman et Allison Janney. « Merci beaucoup à vous tous. Quelle aventure ça a été », a-t-elle soufflé.
Du côté des drames, « The Pitt » a confirmé son emprise. La série médicale a été sacrée meilleure série dramatique pour la deuxième année d’affilée et repart avec six trophées au total. Son principe est simple et redoutable. Elle suit heure par heure une journée des urgentistes d’un hôpital de Pittsburgh, en Pennsylvanie, quelque part entre « Urgences » et « 24 Heures Chrono ». Noah Wyle, qui joue le chef du service et avait déjà fait les belles heures d’« Urgences », a de nouveau été élu meilleur acteur. « C’est bouleversant », a-t-il réagi, se disant heureux d’avoir enfin été « accepté » dans le club des stars hollywoodiennes.
Face à cette déferlante, « Pluribus » a tout de même trouvé de quoi briller. La nouvelle création de Vince Gilligan, l’homme derrière « Breaking Bad », a été récompensée pour son scénario dystopique. Rhea Seehorn y incarne une romancière misanthrope, seule dans un océan de bonheur collectif parce qu’elle est immunisée contre un virus qui rend l’humanité entièrement béate. La comédienne de 54 ans a remercié Vince Gilligan de lui avoir « offert le rôle de sa vie ».
La catégorie des mini-séries, réservée aux productions bouclées en une seule saison, est revenue à « DTF St. Louis », chronique d’un triangle amoureux qui déraille. Avec sept prix au total, dont deux pour ses seconds rôles David Harbour et Linda Cardellini, elle s’impose largement dans sa catégorie.
La soirée a aussi réservé une place à Stephen Colbert. Son « Late Show », que Donald Trump n’a jamais porté dans son cœur, a été élu meilleur programme de variétés, quelques mois après la controverse née de sa suppression au printemps. L’animation avait été confiée à une ancienne figure de « New York Unité Spéciale », dans un registre volontairement consensuel. Les hommages, eux, ont serré les cœurs. Reba McEntire a chanté « Appalachian Memories » pour saluer Dolly Parton, reine de la country disparue à la fin du mois d’août. La séquence In Memoriam a également rendu hommage à Rob Reiner, réalisateur de « Quand Harry rencontre Sally », que son fils Nick est accusé d’avoir poignardé à mort. « Il était généreux, gentil et drôle comme tout, et c’était l’ami de tout le monde », a salué Jamie Lee Curtis.
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