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BHV Marais, des salariés entre pannes, impayés et promesses sans fin

Environ 150 personnes se sont rassemblées devant le grand magasin parisien pour dénoncer des rayons vides, des équipements hors service et des paiements…

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BHV Marais, des salariés entre pannes, impayés et promesses sans fin

Environ 150 personnes se sont rassemblées devant le grand magasin parisien pour dénoncer des rayons vides, des équipements hors service et des paiements en retard. La direction assure que la relance avance, mais les équipes racontent un quotidien de plus en plus difficile.

Devant l’entrée principale du BHV Marais, environ 150 personnes ont répondu à l’appel d’une intersyndicale. Des salariés venus dire leur colère, pancartes à la main, avec des messages qui résument leur fatigue. On peut y lire que le magasin est en détresse et que les salariés souffrent, que le rayon respect a fermé pour de bon, ou encore que le BHV ressemble à un bazar de l’hyper-vide. Plusieurs représentants syndicaux ont pris le mégaphone. Ils refusent de donner leur nom et leur prénom, par prudence. Leur message est simple. Ils ne supportent plus les discours rassurants alors que leur réalité serait tout autre. Rien ne serait payé, et le bâtiment se dégraderait.

Les doléances s’accumulent. Climatisation absente, escalators en panne, papier toilette manquant, outils de travail introuvables. À chaque fois, la réponse serait la même, une promesse repoussée à demain. Les équipes réclament des actes, pas des paroles. Elles expliquent aussi ne pas pouvoir attendre chaque mois leur carte-restaurant ni se demander si leur mutuelle sera maintenue. Des prestataires de ménage n’auraient pas été payés. Et certains rayons seraient garnis de façon artificielle, histoire de donner une image moins vide que la réalité.

Ce rassemblement survient alors que le rez-de-chaussée du grand magasin a entièrement rouvert. La direction parle d’une étape majeure de son plan de relance. Le BHV emploie 700 salariés. Mais sur le terrain, le sentiment est tout autre. Un employé décrit une impression d’être devenu un zombie, alors qu’il demande seulement à travailler. Il évoque un mélange de rayons en restructuration et d’autres vides, faute de marchandises. Pour lui, tout cela ressemble à du cache-misère. Un autre salarié est convaincu que l’ancienne direction a organisé une banqueroute et souhaite que les responsables répondent devant la justice. L’inspection du travail suspecte, de son côté, une cessation de paiements et a signalé la situation au parquet de Paris. La direction conteste cette analyse.

L’inquiétude ne s’arrête pas aux murs du BHV Marais. Une salariée du BHV de Parly 2, dans les Yvelines, raconte que la situation émotionnelle est très mauvaise. Mère célibataire, elle craint de perdre la garde de son fils si elle perd son emploi. D’autres partagent cette peur de voir leur vie basculer, entre salaires incertains, avantages menacés et avenir flou. Le mouvement veut donc peser, pas seulement se faire entendre.

Face à ces critiques, l’exploitant du BHV dit comprendre l’inquiétude des salariés. Il reconnaît que la relance prend du temps, surtout dans un contexte de tensions avec le bailleur. Il met en avant des premiers résultats, comme la réouverture du rez-de-chaussée, le retour de près de 40 marques, l’installation d’un espace dédié aux jeunes créateurs et la restructuration de plus de 80 % de la dette. Des avancées que la direction juge importantes. Reste à savoir si elles suffiront à apaiser des équipes qui, elles, attendent surtout du concret au quotidien.

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