Économie
La BCE relève ses taux une deuxième fois, l’inflation refuse de reculer
La Banque centrale européenne a décidé jeudi une deuxième hausse de ses taux directeurs cette année, alors que l’inflation de la zone euro atteint 3,3%.…


La Banque centrale européenne a décidé jeudi une deuxième hausse de ses taux directeurs cette année, alors que l’inflation de la zone euro atteint 3,3%. La guerre au Moyen-Orient et la flambée du pétrole continuent d’alimenter la pression sur les prix.
C’est une décision attendue, mais qui pèse lourd. La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois cette année. Le taux de dépôt grimpe de 2,25% à 2,50%, le taux de refinancement passe de 2,40% à 2,65% et celui du prêt marginal de 2,65% à 2,90%. Concrètement, emprunter coûte plus cher pour les banques, et donc pour les ménages et les entreprises qui financent leurs projets.
La raison de ce tour de vis tient en un chiffre. L’inflation dans la zone euro s’est accélérée pour atteindre 3,3% le mois dernier, bien loin de l’objectif de 2% visé par l’institution. En cause, la hausse des coûts énergétiques, elle-même liée aux perturbations de la navigation dans le détroit d’Ormuz. La nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient a propulsé le prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril cette semaine, un niveau qui se répercute sur les factures et sur l’ensemble de l’économie.
Ce n’est pas la première fois que Francfort serre la vis. La banque avait relevé ses coûts d’emprunt en juin, une première en près de trois ans, pour tenter d’enrayer une inflation galopante depuis le début de la guerre fin février. Elle avait ensuite marqué une pause en juillet, sans fermer la porte à une nouvelle hausse. Cette fois, elle assume les risques et prévient dans son communiqué que les perspectives restent très incertaines, avec des risques à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance.
Christine Lagarde, la présidente de la BCE, doit s’exprimer sur ces annonces lors d’une conférence de presse. Les marchés et les économistes avaient largement anticipé ce relèvement, ce qui explique en partie la sérénité des premières réactions. Reste une question de fond pour les mois à venir. Jusqu’où l’institution peut-elle relever ses taux sans étouffer une croissance déjà fragilisée par un contexte mondial tendu ?
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