Politique
Après le scandale de Carcassonne, Louis Aliot refuse de faire du RN un cas à part
Des agents de la police municipale de Carcassonne sont mis en cause pour des propos racistes et sexistes, et l’un d’eux officiait au service d’ordre du…


Des agents de la police municipale de Carcassonne sont mis en cause pour des propos racistes et sexistes, et l’un d’eux officiait au service d’ordre du Rassemblement national. Le maire de Perpignan balaie toute responsabilité du parti, préférant dénoncer un phénomène présent partout.
Louis Aliot ne veut pas en entendre parler. Pour le maire de Perpignan, l’affaire des policiers municipaux de Carcassonne ne dit rien de plus sur sa formation que sur les autres. Interrogé sur le racisme au sein du Rassemblement national, il a balayé l’idée d’une spécificité. « Il y en a partout, dans tous les partis », a-t-il lancé. Il concède que tous ne s’expriment pas au grand jour, mais assure qu’ils sont « sûrement nombreux ».
Les faits sont pourtant lourds. Une vidéo a mis en cause quatre agents de la police municipale de Carcassonne pour des propos racistes, sexistes et complotistes. L’un d’eux était membre du service d’ordre du parti d’extrême droite. Le RN l’a exclu sans attendre, condamnant « avec la plus grande fermeté » des paroles jugées « pénalement répréhensibles ». Une enquête avait déjà été ouverte après une plainte d’une patrouille de la police municipale, déposée avant même l’élection de Christophe Barthès à la mairie.
Le parti a l’habitude de ces dérapages. À plusieurs reprises, lors de législatives ou de municipales, des militants ou des candidats ont été épinglés pour des sorties racistes. La réponse est toujours la même, celle de cas isolés. Une ligne que contestent ses opposants.
Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, a réagi lui aussi. Pour lui, tout effort pour « ripoliner la façade » d’une organisation « raciste, xénophobe et d’extrême droite » ne change rien à sa nature profonde. Il rappelle que l’agent mis en cause avait été formé au maintien de l’ordre au sein du service d’ordre du RN. Gabriel Attal, candidat Renaissance, a de son côté dénoncé une France qui serait dirigée par le parti, pointant « la haine désinhibée et encouragée ». Robert Ménard, maire de Béziers et ancien allié de Marine Le Pen, appelle au contraire à ne pas « instrumentaliser » l’affaire. Il reconnaît qu’il existe au RN « des gens insupportables », mais refuse de condamner le parti dans son ensemble.
Louis Aliot, proche de Marine Le Pen, assume cette défense. Pour lui, ces débordements « arrivent partout et partout en France », et pas seulement chez lui. Il souligne que des affaires similaires ont touché des polices municipales sous toutes les couleurs politiques. Et reproche aux journalistes de se focaliser sur « une mairie RN qui n’est là que depuis cinq mois ». Plutôt que de regarder les nouveaux arrivés, il invite à interroger les anciens responsables de Carcassonne sur leur façon de gérer leur police.
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