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Le travail va mieux, sauf pour les employés peu qualifiés

Les conditions de travail se sont adoucies pour beaucoup de salariés entre 2016 et 2024. Une grande enquête révèle en revanche une dégradation nette pour…

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Le travail va mieux, sauf pour les employés peu qualifiés

Les conditions de travail se sont adoucies pour beaucoup de salariés entre 2016 et 2024. Une grande enquête révèle en revanche une dégradation nette pour les employés les moins qualifiés.

C’est une première depuis les années 1980. L’intensité du travail a diminué entre 2016 et 2024, d’après les réponses de 25 300 salariés. Les contraintes liées aux cadences, aux contrôles informatisés et aux suivis automatiques reculent de cinq points et ne concernent plus que 38% des salariés. La pression temporelle baisse elle aussi, de trois points à 28%. Même constat du côté des relations avec la hiérarchie, où la dégradation recule de cinq points pour tomber à 21%.

Ce répit ne doit pas faire oublier le chemin parcouru. Sur les décennies précédentes, les conditions de travail s’étaient fortement dégradées, et la nouvelle inflexion ne compense pas cette hausse. L’enquête montre aussi que les progrès sont portés avant tout par les salariés qui peuvent télétravailler. Les ouvriers profitent également de l’amélioration. Mais c’est loin d’être le cas pour tous.

Les employés peu qualifiés sont les grands oubliés de ce tableau. Ils représentent 13% des personnes interrogées, et pour eux, presque tout se dégrade. Le travail s’intensifie. L’autonomie régresse. Les comportements hostiles se multiplient. Les contraintes physiques, comme porter des charges lourdes, rester debout ou subir des secousses et vibrations, touchent 61% d’entre eux. C’est sept points de plus qu’en 2016, alors que la moyenne générale reste autour de quatre salariés sur dix. Ils sont aussi 40% à dénoncer une quantité de travail excessive, en hausse de quatre points. Et ils constituent la seule catégorie où le manque d’autonomie dans l’organisation du travail s’accentue. Les comportements hostiles, eux, augmentent de huit points pour les employés peu qualifiés, contre deux points pour l’ensemble.

Ce décalage interroge sur l’avenir. 41% des salariés ne se sentent pas capables d’exercer le même travail jusqu’à la retraite, et ce taux progresse de trois points. Autrement dit, l’amélioration moyenne, réelle, masque des inégalités profondes. Pour les employés peu qualifiés, le quotidien s’est durci pendant que le reste de la population active retrouvait un peu d’air. Une évolution à deux vitesses, plus qu’une embellie générale.

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