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Canicule au boulot, la France s’inspire du modèle espagnol

Le ministre du Travail et les partenaires sociaux ont passé une journée à Madrid pour comprendre comment l’Espagne continue de tourner malgré des…

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Canicule au boulot, la France s'inspire du modèle espagnol

Le ministre du Travail et les partenaires sociaux ont passé une journée à Madrid pour comprendre comment l’Espagne continue de tourner malgré des températures extrêmes. Objectif, adapter le travail à la chaleur sans tout arrêter.

Une délégation française a fait le déplacement à Madrid avec une mission claire, trouver des solutions pour travailler quand il fait très chaud. Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, l’affirme sans détour. L’Espagne sait fonctionner avec des températures élevées, donc la réponse n’est pas l’arrêt général mais l’adaptation. Accompagné de représentants de cinq syndicats et des trois organisations patronales, il espère poser un cadre national à la suite de ce voyage d’étude. Une fois ce cadre fixé, les branches et les secteurs devront le renforcer selon leurs réalités.

Pourquoi ne pas légiférer directement ? Parce que l’élection présidentielle approche, explique le ministre. Une loi serait longue et incertaine. Le dialogue social apparaît donc comme la voie la plus réaliste. Yolanda Diaz, son homologue espagnole, ne dit pas autre chose. Pour elle, inutile d’imposer des règles rigides. Il faut adapter la journée de travail aux réalités climatiques. L’Espagne a déjà commencé depuis longtemps. Depuis les années 1990, par exemple, la température maximale autorisée dans un espace fermé est de 27 degrés. En cas d’alerte orange ou rouge de l’agence météorologique nationale, les entreprises doivent revoir les horaires si les protections ne suffisent pas. Et pendant l’été, certaines peuvent passer en journée continue, de huit heures à quinze heures, un système baptisé jornada intensiva.

Ce dispositif a retenu l’attention de Jean-Pierre Farandou, tout comme les accords collectifs qui permettent de stopper une activité ou les refuges climatiques. Mais les syndicats français veulent aller plus loin. Isabelle Mercier, secrétaire nationale de la CFDT, salue une avance espagnole construite avec les acteurs sociaux et adaptée aux métiers et aux territoires. Sophie Binet, à la tête de la CGT, dénonce un grand retard français. Elle réclame l’inscription dans le code du travail de températures à partir desquelles des mesures obligatoires s’imposent. La CGT estime à une vingtaine le nombre de décès liés à la chaleur cet été en France.

Le gouvernement n’est pas parti de rien. Un décret de juin 2025 impose déjà aux entreprises des obligations en cas de forte chaleur. Eau fraîche, adaptation de l’organisation, équipements adéquats, le tout gradué selon les niveaux de vigilance de Météo-France. Mais sur le terrain, les syndicats constatent que ces règles sont loin d’être toujours respectées. Même en Espagne, des organisations locales reconnaissent que l’application reste perfectible.

Reste un point crucial pour Jean-Pierre Farandou, le dialogue avec le reste de la société. Décaler des travaux très tôt le matin ou les sortir de la période estivale demande l’accord des riverains et des usagers. La chaleur n’est pas une fatalité. Encore faut-il que tout le monde joue le jeu.

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